Les régions, qui se sont vu déposséder de leurs compétences en matière d’apprentissage au profit des branches professionnelles, appellent le gouvernement à réexaminer les «faiblesses criantes» de la réforme de l’apprentissage entrée en vigueur en début d’année.
«Nous demandons que ce dossier ne soit pas complètement fermé, que les faiblesses criantes du système puissent être réexaminées», a déclaré mercredi le président délégué de Régions de France, lors d’une conférence de presse. Il espère que le gouvernement de Jean Castex se montrera plus attentif à ses arguments que celui d’Edouard Philippe.
«Nous sommes complètement disponibles pour rediscuter de la place des régions dans l’apprentissage de demain. C’est au niveau des régions que l’on peut mettre les acteurs en réseau», notamment dans les secteurs «indispensables à la reprise», a argumenté le président (PS) de la Région Centre-Val-de-Loire.
Auparavant du ressort des régions, l’apprentissage relève depuis le 1er janvier des branches professionnelles et constitue un point de friction récurrent entre le gouvernement et les collectivités, qui craignent la disparition de 700 centres de formation d’apprentis (CFA) sur les 1 200 existants. François Bonneau reproche notamment à la réforme d’accorder «aux très grands groupes pour des raisons qui ne sont pas essentiellement de formation, mais de business, la possibilité de peser sur l’organisation de la carte de l’apprentissage pour leurs propres intérêts».
Des CFA « privés de jeunes » par les grands groupes
Ces groupes, dont le géant des cosmétiques L’Oréal – qu’il a donné en exemple à plusieurs reprises, selon l’AFP -, «n’ont pas la vision de l’aménagement du territoire en matière de formation», a-t-il déploré, rappelant que leurs écoles recrutent des apprentis aux dépens des centres régionaux. «Comme le CFA de la ville de l’apprenti est financé par les contrats d’apprentissage, il est privé de jeunes (par les écoles des grands groupes) et donc de moyens», affaiblissant financièrement ces centres.
Mardi, la ministre du Travail, Elisabeth Borne, a laissé entendre qu’atteindre le même nombre de contrats qu’en 2019 «est à notre portée», lors d’une visite sur le salon «Jeunes d’avenirs», indiquent Les Echos. A ce jour, les retours seraient plutôt encourageants, poursuit le journal, ajoutant que CMA France, qui a constaté une «légère baisse» des effectifs dans ses centres de formation, devrait atteindre en décembre le quota normal, soit 100 000 jeunes en contrat.



