Après un premier semestre mitigé, les «premiers signaux de la reprise» se font sentir dans l’hôtellerie, relève le cabinet KPMG dans son étude annuelle, qui dresse un bilan positif de la saison estivale.
En 2020, le chiffre d’affaires du secteur a baissé de 45% à 70% selon les régions, indique KPMG. Les plus forts reculs de fréquentation ont été observés dans les grandes métropoles et les villes littorales du Sud de la France (Provence-Alpes-Côte d’Azur), où la part d’hôtellerie moyen et haut-de-gamme est plus importante. En revanche, les petites villes et les destinations du littoral Ouest ont mieux résisté, «sous l’impulsion de la fréquentation domestique de loisirs».
Particulièrement touchés, les palaces ont enregistré une baisse d’activité sans précédent, perdant 70% de leur chiffre d’affaires. Leur taux d’occupation global, toutes régions confondues (hors Courchevel), a perdu 41 points entre 2019 et 2020, atteignant 18%, «avec d’importantes disparités selon la localisation», note KPMG. L’effondrement a été plus marqué à Paris, qui a subi une dégringolade de 47 points.
Après un «début d’année mitigé retardant la reprise», la saison estivale a montré des signes d’optimisme. À l’été, «la destination France était une des destinations les moins impactées parmi les grandes destinations touristiques mondiales», grâce, notamment, à une «fréquentation dynamique de la part de la clientèle française et européenne de proximité», observe KPMG. La situation est toutefois restée fragile à Paris jusqu’à la rentrée, qui s’annonce «plus dynamique, avec une reprise du tourisme d’affaires national et l’organisation de grands évènements».
Accélération du « slow tourisme »
Autre point positif : les stations de ski ont vu leur taux d’occupation grimper cet été de plus de 7% par rapport à l’an passé. «La crise sanitaire pourrait être un catalyseur de la transformation de l’hôtellerie de montagne, en incitant les hôteliers à repenser leurs produits vers des concepts plus hybrides», estime KPMG, qui constate des changements d’habitude.
La relance du tourisme français dépendra fortement d’une reprise durable à l’échelle européenne «via une entente entre les pays», ajoute le cabinet comptable, qui note que la crise sanitaire a d’ores et déjà accéléré trois grandes tendances autour du mouvement «slow» : «la quête d’aventure : dépassement de soi, micro-aventures, itinérance en mode « nomade » ; la (re-)connexion à soi, à son environnement, aux autres ; le mieux-être comme postulat du séjour».



