Sur Leboncoin, entre une voiture d’occasion et un appartement à louer, une annonce attire désormais un autre type de profil : reprendre un magasin Yves Rocher. Un terrain inattendu pour une enseigne installée, qui teste un canal grand public pour attirer de nouveaux franchisés.
Avec 630 points de vente en France, Yves Rocher a atteint une forme d’équilibre. Aujourd’hui, le sujet n’est pas d’ouvrir davantage de boutiques, mais de faire tourner un parc déjà dense. Comme le résume la direction, l’enseigne «ne cherche donc pas à ouvrir de nouvelles boutiques, mais plutôt à remplacer les franchisés sur le départ», rapporte le magazine LSA, qui dévoile l’information.
«En moyenne, nos partenaires restent chez nous 18 ans et nous rejoignent en deuxième partie de carrière», explique Stéphanie Vincent, responsable franchise d’Yves Rocher, citée par LSA. Des parcours longs, souvent engagés à un moment charnière de la vie professionnelle. Résultat logique : «Les remplacements sont donc majoritairement dûs à des départs à la retraite».
Le sens commercial reste décisif
Pour recruter, Yves Rocher ne fixe pas de profil rigide. L’enseigne assume pouvoir accompagner ses futurs franchisés sur les aspects techniques. «Nous sommes outillés pour former à la gestion et à l’entrepreneuriat», poursuit la responsable. En revanche, tout ne s’apprend pas aussi facilement. «Apprendre le sens de la vente et du relationnel, c’est plus compliqué», s’empresse-t-elle d’ajouter.
Dans ce contexte, recruter devient plus complexe. D’un côté, l’enseigne encourage la multi-franchise, qui suppose des profils capables de gérer plusieurs points de vente. De l’autre, la notoriété historique de la marque ne suffit plus à convaincre.
«Depuis le Covid, les entrepreneurs sont plus exigeants», observe Stéphanie Vincent. Et surtout, «reprendre un magasin sur la seule base du succès de la marque n’est plus le critère majeur de choix de franchise». Les candidats attendent davantage des perspectives, un cadre et… une vision.
Leboncoin en pleine tension interne
Reste qu’au moment où Yves Rocher teste Leboncoin pour recruter de nouveaux franchisés, la plateforme traverse elle-même une période de tensions internes. Comme de nombreuses entreprises en Europe et aux États-Unis, Leboncoin a récemment durci sa politique de télétravail. L’entreprise prévoit désormais trois jours de présence au bureau par semaine, contre un auparavant.
La direction justifie ce choix par la volonté de «renforcer la collaboration, l’efficacité opérationnelle et la capacité d’innovation de l’entreprise», rapporte l’AFP. Mais côté salariés, la mesure suscite des inquiétudes, certains évoquant une organisation devenue difficilement tenable au quotidien, au point de déclencher la première grève de l’histoire du site en France.
LIRE AUSSI : Du parfum au soin : quand le service devient le cœur du modèle Nocibé



