Selon une étude NielsenIQ, les circuits à petits prix et les parfumeries ont encore pris des parts de marché l’an dernier dans les rayons d’hygiène et beauté.
Le chiffre d’affaires des hypermarchés et des supermarchés dans l’hygiène-beauté a reculé de 4,9% en 2021. «Son recul est structurel (-12% depuis 2013) et s’est poursuivi (hors masques et premiers soins) à l’occasion de la crise sanitaire Covid-19, malgré les bonnes tendances de la grande distribution en général (-1,5% entre 2019 et 2021)», note NielsenIQ dans une récente étude.
Au total, 62% des catégories de produits d’hygiène beauté sont en recul, parmi lesquelles les brumisateurs (-42,2%), les premiers soins (-26,7%) et les savons (-15,8%). L’étude ajoute que certains produits «contribuent particulièrement aux pertes du secteur». C’est le cas des déodorants (-55 millions d’euros), des produits coiffants (-32 millions) et des lames et rasoirs (-25 millions). Une surprise : au rayon maquillage, les rouges à lèvres étaient en progression l’an passé (+11,7%),
Les ventes dans le secteur de l’hygiène-beauté poursuivent donc leur recul dans la grande distribution, au profit des circuits à bas prix et de l’e-commerce. «Alors que les hypers et supermarchés ont perdu 365 millions d’euros de chiffre d’affaires sur la période 2019/2021, l’e-commerce a enregistré une augmentation de 210 millions d’euros (dont 84 millions d’euros en livraison à domicile)», relève NielsenIQ.
Dynamisme des solderies
Autre tendance : les sites de e-commerce spécialisés dans l’hygiène beauté grignotent également des parts de marché sur les acteurs généralistes. Ils sont ainsi passés de 33,8% à 35% de parts de marché entre 2019 et 2021, tandis que l’e-commerce généraliste reculait, lui, de 66,2% à 65% durant la même période.
Les circuits à petits prix avancent aussi leurs pions. Alors que Lidl, Action et Aldi enregistrent une hausse de leur chiffre d’affaires de 84 millions d’euros dans l’hygiène-beauté, les solderies, dans leur ensemble, affichent «un dynamisme incontestable (+13,4% en achats valeur des foyers français chez Action, Normal, GiFi, La Foirfouille, etc), tout comme les magasins beauté (+48,8% chez Sephora, Marionnaud, etc.)», souligne NielsenIQ
«Le secteur de l’hygiène-beauté n’a pas bonne mine. Grosse fatigue ou simple évolution des priorités et habitudes d’achats des Français ? Même si son recul structurel n’est plus à démontrer, d’autres causes impactent ce marché qui, pour, ‘se refaire une beauté’, est invité à se repenser et à innover pour regagner le cœur, et le porte-monnaie, des Français qui se tournent de plus en plus vers l’e-commerce, les bons plans, les produits bons pour moi et pour la planète», commente Nicolas Léger, directeur analytique chez NielsenIQ, dans un communiqué.



