Mi-avril, devant le siège de la société JCDA, propriétaire de la marque Body Minute, dans le 9e arrondissement de Paris, une quinzaine de franchisés et d’anciens franchisés de Body Minute se sont mobilisés. Certaines disaient avoir réduit leurs équipes, d’autres évoquaient des instituts en difficulté.
«On a tous perdu 60 % de notre chiffre d’affaires», déclarait à l’AFP Soraya Ouas, présidente de l’Union des franchisés de Body Minute. Mais la direction de l’enseigne conteste fermement ce chiffre. Les instituts de la marque ont généré environ 120 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2025, assure le dirigeant de Body Minute, Jean-Christophe David, dans un communiqué transmis à l’AFP.
Des affirmations « totalement infondées »
«Face à la diffusion récente d’informations évoquant une prétendue baisse de 60% du chiffre d’affaires de ses instituts, le groupe Body Minute tient à apporter un démenti clair et factuel», souligne le patron du réseau. «Ces affirmations sont totalement infondées et ne reposent sur aucune donnée représentative du réseau», ajoute le dirigeant.
Il explique que le chiffre d’affaires moyen par institut est resté stable entre 2024 et 2025, autour de 285 000 euros chacune de ces années, estimant que ces données montrent que Body Minute «se porte bien». Mais derrière la bataille des chiffres, c’est surtout le modèle commercial de l’enseigne qui est dénoncé.
L’Union des franchisés reproche à la maison mère d’imposer des promotions que les instituts ne peuvent refuser et qui ne seraient pas compensées «Pendant les soldes, vous aviez par exemple l’épilation de chaque zone à 3 euros, donc 30 euros pour le corps entier, pour un service qui en vaut 50» normalement, avait regretté Soraya Ouas, le 20 avril, devant le siège de l’enseigne. Selon l’association, ces promotions ont affecté les revenus des salariées et les marges des gérants qui achètent des produits au propriétaire.
Le bras de fer devient judiciaire
Le conflit a aussi pris un tournant judiciaire. Seize franchisées et ex-franchisées ont assigné en février la maison mère. Dans cette assignation, elles estiment que «les conditions et obligations imposées aux franchisés par le franchiseur dépassent largement le cadre légal applicable à un contrat de franchise».
Une audience de procédure est prévue début mai devant le tribunal des activités économiques de Paris. Une nouvelle manifestation est également programmée la veille. Dans le même temps, le réseau s’est réduit ces dernières années.
Il comptait 465 instituts en 2023, 435 en 2024 puis 425 en 2025. Interrogé sur le nombre actuel d’établissements ouverts, Jean-Christophe David a indiqué à l’AFP : «On doit être à 395, (mais comme) là on a fait des réouvertures, on est peut-être 400». Entre les chiffres avancés par la direction et ceux évoqués par certains franchisés, deux lectures opposées de la situation économique du réseau s’affrontent désormais.
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