Acheter des tonnes de champignons conventionnels chez un grossiste pour les écouler sous l’étiquette bio de sa propre exploitation… L’anecdote, relevée par la Répression des fraudes, illustre les dérives persistantes dans le secteur alimentaire. Des étals de supermarchés aux assiettes des cantines scolaires, le label biologique fait encore l’objet de tromperies régulières.
Selon le bilan publié ce 1er octobre par la DGCCRF, 15,5 % des 4 800 professionnels du secteur alimentaire contrôlés au cours des deux dernières années ont fait l’objet d’injonctions, d’amendes ou de procédures pénales. Les enquêtes ont ciblé en priorité les produits issus de l’agriculture biologique. «Commercialisés à des prix qui peuvent être plus élevés, ils présentent un risque de fraude important, qui nécessite une vigilance constante», souligne l’administration dans son communiqué.
Des dérives en usine et en cantine
Les infractions constatées touchent l’ensemble de la chaîne de distribution alimentaire. Outre des producteurs vendant des aliments sans certification, les enquêteurs ont épinglé un rayon boucherie affichant une mention «viande bovine bio», alors qu’aucune barquette proposée ne l’était.
Côté transformation, des industriels stockaient indistinctement ingrédients bio et conventionnels ou utilisaient des additifs interdits par le cahier des charges. La restauration collective n’échappe pas au constat : dans une cantine municipale, un quart des plats présentés comme bio ne respectaient pas le label. Ailleurs, la fausse mention bio sur du pain servi aux élèves s’est soldée par une amende de 60 000 euros pour le fournisseur.
Face aux erreurs d’étiquetage commises de bonne foi par de petits producteurs, les services de l’État indiquent privilégier la pédagogie. L’objectif reste d’assainir le marché alors que la consommation de produits biologiques alimentaires amorce sa reprise.
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