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Pourquoi la santé et le bien-être s’intéressent tant au microbiote intestinal

La découverte de l’influence du microbiote intestinal sur le système immunitaire et le bien-être ouvre des marchés prometteurs, mobilisant de plus en plus la recherche médicale et scientifique sur le sujet, selon une étude.

Notre microbiote intestinal, composé de plus de quelque 100 000 milliards de bactéries, virus, parasites et champignons, joue un rôle clé dans notre santé, en nous permettant de digérer des nutriments, en nous protégeant contre des agents pathogènes, en stimulant notre immunité et en interagissant avec divers organes, y compris… le cerveau.

Des études suggèrent, par exemple, qu’une alimentation méditerranéenne équilibrée, riche en fibres végétales, bénéficie au microbiote intestinal et renforce la réponse immunitaire, notamment contre la grippe et, potentiellement, le Covid-19. À l’inverse, une alimentation industrielle et ultratransformée appauvrit le microbiote…

Pourquoi en parle-t-on autant aujourd’hui ? L’intestin est devenu un sujet d’intérêt pour plusieurs disciplines, y compris les neurosciences, en raison de ses liens avec le cerveau. Environ 30 à 40% des molécules dans notre sang seraient liées ou modifiées par le microbiote. Malheureusement, les changements de mode de vie dans les sociétés industrialisées réduisent la diversité de notre microbiote, affectant notre santé et favorisant des maladies chroniques.

Accélération des ventes de probiotiques

Certes, l’idée d’améliorer la qualité de son microbiote n’est pas récente, comme le montre le développement rapide du marché des probiotiques et des prébiotiques. Les premiers sont des micro-organismes bénéfiques, les second les nourrissent. Tous deux assurent l’équilibre de notre microbiote intestinal.

Les ventes de probiotiques en pharmacie ont bondi de 30,4% en France de croissance entre 2021 et 2023, à 274,3 millions d’euros, selon Les Echos Études, qui viennent de publier une étude sur le sujet, intitulé «Microbiote : les opportunités de marché pour les acteurs de santé».

Le système digestif (62% de parts de marché), le système nerveux (14%, tonus-vitalité, stress, troubles de l’humeur et sommeil), et, enfin, le métabolisme et la nutrition(12,2 % de parts de marché) constituent les trois grandes «promesses» de ce marché. Mais la concurrence est féroce, entre la France, loin derrière le leader mondial, les Etats-Unis, et des challengers comme Israël ou la Corée du Sud. Les Echos Études relèvent «un manque de moyens financiers de la recherche publique française comparée à la recherche américaine».

Un projet pour cartographier le microbiote

Les opportunités de croissance restent toutefois nombreuses. L’étude met en avant la nutrition personnalisée, la transition alimentaire, le microbiote cutané, les plateformes médicaments, les greffes de microbiote, ou encore les nouvelles thérapies de prise en charge médicale.

Mais s’il existe un engouement certain pour ces produits et de nouvelles voies de recherche, il y aurait aussi très peu d’études scientifiques qui démontreraient leur efficacité. Des chercheurs danois et néerlandais ont toutefois découvert que le microbiote intestinal pourrait influencer l’apport d’énergie durant la digestion. Selon leur étude publiée dans la revue Microbiome, certaines personnes prennent du poids, car leur microbiote intestinal extrait plus d’énergie des aliments, qui est ensuite stockée sous forme de graisses. Dans ces conditions, ajuster la composition du microbiote intestinal pourrait-elle aider à réduire l’obésité ?

Pour tenter d’en savoir plus, les chercheurs s’efforcent d’affiner leurs connaissances de cet immense écosystème. Et c’est tout l’objet du projet French Gut, qui vise à collecter 100 000 échantillons de selles d’ici à 2027, afin de mieux saisir le rôle du microbiote intestinal et les liens éventuels entre ses déséquilibres et certaines pathologies.

Ce projet ambitieux est porté par l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (Inrae), en partenariat avec l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP), l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) et d’autres partenaires publics et privés.

Le public reste encore peu informé

Car aujourd’hui, aucune signature universelle d’un microbiote sain ou malsain n’est encore établie. Les chercheurs souhaitent donc comprendre comment la génétique, les facteurs environnementaux, le mode de vie et l’alimentation influencent cette partie si importante de notre corps, que certains surnomment le «deuxième cerveau».

Pas étonnant, dans ces conditions, que le public soit encore très peu informé sur le rôle du microbiote, même si de plus en plus de centres thermaux ou de thalassothérapie l’intègrent à leur programme de cures, comme l’Aïga resort thermal, à Châtel-Guyon (Puy-de-Dôme), ou le complexe thalasso d’Alliance-Pornic, en Bretagne.

Ainsi, 75% des particuliers ignoreraient le lien que certaines maladies non digestives peuvent avoir avec les microbiotes, selon une enquête Ipsos menée pour la société pharmaceutique Biocodex auprès de 6 500 individus interrogés en ligne dans sept pays (France, Espagne, Portugal, Etats-Unis, Brésil, Mexique et Chine).

«Seulement 21% des individus interrogés ont une connaissance exacte de ce qu’est le microbiote», soulignent Les Echos Études, qui citent l’enquête.  Et celle-ci montre aussi que ce sont les seniors de 60 ans et plus qui se révèlent les moins bien informés, alors qu’ils font partie des populations les plus exposées. Bref, tout reste à faire. Ou presque.

LIRE AUSSI : Probiotiques et prébiotiques, gardiens de notre bien-être Intestinal

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