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Naturopathie : « On est beaucoup plus dans l’expérientiel que dans les formules dogmatiques »

Comment devenir naturopathy

Comment mettre toutes les chances de son côté quand on veut faire de cette médecine non conventionnelle son activité professionnelle ? Les conseils d’Odile Chabrillac, directrice de l’Institut de naturopathie humaniste.

Odile ChabrillacProfession bien-être : Comment envisager aujourd’hui la naturopathie, récemment sous les feux de l’actualité, sans verser dans la pensée magique ?

Odile Chabrillac : On est beaucoup plus dans la pratique clinique et l’expérientiel que dans les formules dogmatiques ! En termes de méthodologie, on sait que ce qui va marcher sur une personne ne va pas forcément fonctionner sur une autre. Le naturopathe doit être dans cette souplesse, c’est-à-dire apprendre de l’autre, l’écouter.

C’est pourquoi, lors de nos consultations, on commence par faire un bilan extrêmement précis et long, parce que, justement, on va devoir s’adapter à la réalité, à plusieurs niveaux de la personne, son capital santé, celui avec lequel elle est née, ce qu’elle en a fait et comment elle va aujourd’hui. On fera aussi une anamnèse, au cours de laquelle on va poser de nombreuses questions.

Est-ce que ça veut dire que vous tentez aussi de débarrasser la naturopathie de théories plus ou moins fumeuses ?

Si votre question est : est-ce qu’il faut démystifier ? C’est clairement oui ! Personnellement, je suis intéressée par la clinique, par les gens, par l’écoute. Je ne suis pas intéressée par les solutions pseudo miracles. Et dieu sait s’il peut y en avoir ! Après, je reste ouverte dans le sens où il y a des choses qui pouvaient nous paraître incompréhensibles hier, mais qui, aujourd’hui, font sens, parce qu’on avance dans l’évolution de la science. En méthodologie, on a déjà suffisamment d’outils efficaces pour qu’on n’ait pas besoin d’aller chercher des choses un peu ésotériques.

Certaines pratiques controversées comme le crudivorisme sont associées à la naturopathie. Vous l’enseignez ?

On en fait jamais, sauf, éventuellement, sur une cure qui va durer quinze jours. Notre démarche sera toujours de dire à qui ça convient, à quel moment et, surtout, à qui ça ne convient pas. On est radical en rien ! On a des élèves qui sont vegans, on peut aussi avoir des clients qui sont vegans. En revanche, la naturopathie n’est pas forcément vegan.

Vous êtes également psychanalyste. Est-ce que la psychothérapie doit faire partie aussi de la formation des naturopathe ?

Avec les élèves, on va travailler sur la posture du thérapeute, sur l’écoute. Quant au contenu de la formation – 1 200 heures -, il est très généraliste. On va à la fois voir les bases de l’anatomie, étudier système par système le fonctionnement du corps, car on a besoin de comprendre la physiologie pour être capable de comprendre les chaînes de causalités.

Quels sont les profils de vos élèves ?

A 85%, ce sont des gens en reconversion professionnelle, dont certains viennent du milieu médical. Pour le reste, ce sont des post-bacs ou des gens qui ont commencé leurs études mais qui n’avaient pas encore commencé une activité professionnelle.

Et après l’école, comment évoluent-ils ?

L’immense majorité de nos élèves a vocation à s’installer en libéral, même si quelques-uns vont travailler dans des magasins bio, des centres de jeûne, voire en pharmacie, en tant que conseiller en compléments alimentaires.

Sont-ils préparés à travailler en solo ?

Nous les préparons. Certains de nos élèves s’en sortent très bien. Ils n’ont déjà plus de place dans leur planning, alors qu’ils sont sortis entre trois et six mois. Pour d’autres, c’est plus difficile, parce que c’est un métier d’entrepreneur : il faut aller chercher sa clientèle, parler sur les réseaux sociaux, faire des conférences, participer à des radios locales, etc.

Il ne faut pas être timide ?

Si c’est le cas, cela peut être plus difficile au départ, car il faut être capable de solliciter son réseau, prendre la parole… La vie d’entrepreneur, ce n’est pas une vie facile ! Mais, en général, les naturopathes qui font bien leur travail, ça finit par se savoir. Le bouche-à-oreille, ça fonctionne très bien.

Combien un naturopathe peut-il espérer gagner en début de carrière ?

Entre 1 500 et 2 500 euros par mois, après les charges.

Doit-il travailler en réseau, avec d’autres professionnels de bien-être ?

Oui, pouvoir discuter avec d’autres personnes, ça facilite énormément les choses. Et puis, en travaillant ensemble, on va mutualiser les compétences. C’est la direction vers laquelle les naturopathes doivent aller.

Quels conseils donnez-vous à vos élèves pour réussir leurs premiers pas ?

Associer la naturopathie à une autre pratique, comme le massage, le kobido ou la réflexologie plantaire, en suivant une formation. Il faut que les naturopathes débutants aient une autre corde à leur arc. Car construire une clientèle, ça prend du temps, et les gens prennent plus facilement rendez-vous pour tester un massage. Nous avons aussi une ancienne élève qui travaille un à deux jours par semaine dans un spa et, le reste du temps, elle est en libéral, dans son propre cabinet.

La vogue actuelle pour les produits naturels facilite le travail des naturopathes ? 

Oui, s’il y a plus de gens qui se forment, il y a aussi beaucoup plus de gens dans le public qui vont consulter. Le socle de clients potentiels s’est élargi. La naturopathie devient de plus en plus présente dans nos vies collectivement.

La naturopathie reste toujours une profession non réglementée. L’insécurité juridique, ça fait aussi partie du métier ?

Tant qu’on est dans cette zone grise, on ne pourra pas prévoir l’avenir. Cette question se posait aussi il y a vingt ans. C’est une inquiétude légitime que les élèves manifestent avant de s’inscrire. On leur enseigne ce qu’ils ont le droit de dire, de ne pas dire, et surtout de renvoyer systématiquement leurs clients chez le médecin, s’il y a le moindre doute. On leur conseille aussi de se rapprocher de leur syndicat professionnel, qui est en lien direct avec les pouvoirs publics.

Propos recueillis par Georges Margossian.

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