Beauté

Bien-être

Business

Parce que le bien-être, c'est aussi une affaire de professionnels

Beauté

Bien-être

Business

Parce que le bien-être, c'est aussi une affaire de professionnels

Médecines douces : « J’y ai découvert un champ de recherche absolument considérable »

Médecines douces : une autre approche

Sortir de la pensée magique et de l’incertitude scientifique : le Pr Gregory Ninot, spécialiste en santé, psychologie et sciences du sport à l’Université de Montpellier, a entrepris, avec ses collègues, d’évaluer l’efficacité des médecines dites «douces».

Pr Gregory NinotProfession bien-être : Pourquoi vous êtes-vous intéressé à un domaine aussi controversé, sur le plan scientifique, que les médecines « douces » ?

Grégory Ninot : En tant que scientifique, j’avais fait des études cliniques sur des programmes d’activité physique, des psychothérapies, des régimes, etc., et j’y ai découvert un champ de recherche absolument considérable, à la frontière entre la santé et le bien-être, et sur lequel on pouvait arriver à proposer des interventions non médicamenteuses, comme les a définies la Haute autorité de santé, en 2011. Tout l’enjeu aujourd’hui est de pouvoir avancer sereinement avec une grande bienveillance. Je pense qu’il est idiot de stigmatiser les uns et les autres.

On parle de «médecines douces», «alternatives», «complémentaires», «non conventionnelles»… Pourquoi a-t-on autant de mal à classer ces pratiques ?

En effet, il existe cent appellations en français, juste sur ce thème. Pourquoi ? Parce que, pendant longtemps, il n’y avait pas d’intérêt à réglementer. On mélangeait alors des pratiques culturelles, des pratiques sociales, des pratiques de santé… Et cela n’avait pas grand intérêt. Mais aujourd’hui la médecine est en train d’évoluer, du «cure» vers le «care» et la prévention. Et donc, tout le monde s’intéresse désormais à ces pratiques. Par conséquent, aborder une approche plus rationnelle et plus pragmatique, et pas forcément biologique, devient indispensable. 

Comment faire le tri entre un complément alimentaire, des tisanes, du tai chi, la naturopathie, des méthodes d’hypnose, la méditation et des thérapies manuelles ?

D’abord, il y a une confusion entre le diagnostic et l’intervention. Il y a des pratiques qui proposent des diagnostics et qui ne répondent pas aux canons de la médecine moderne, et il y a des approches qui sont uniquement à visée d’intervention sur la santé, comme le mindfullness, l’EMDR, etc. Je pense que ce n’est pas du tout le même monde, entre ceux qui agissent sur la santé, qui sont des intervenants, et ceux qui affirment qu’ils ont un autre diagnostic.

Il y a ensuite une confusion entre l’approche, un mode de vie, et les méthodes. La médecine traditionnelle chinoise est une approche, tout comme le tai chi ou le yoga. Par contre, si on veut en faire une méthode visant la santé, il y a des questions de doses, de contenu ou de cadre, qui entrent en jeu. Exemple : pour le jeûne, qu’on évoque un peu partout, il faut se demander pour qui est-il utile, à quel moment et pour quelle durée. Idem pour le complément alimentaire, mais dans le cadre d’un régime particulier qui vise tel ou tel impact sur la santé.

Pour illustrer votre propos, on ne peut pas évaluer la naturopathie, car c’est une approche ?

Exactement. C’est tout l’enjeu. Se demander si l’ostéopathie c’est bon ou non pour la santé, c’est absurde. C’est une discipline et une discipline n’est pas évaluable. Par contre, une méthode d’ostéopathie vis-à-vis de la lombalgie permet de faire de la recherche sérieuse. Une méthode, c’est bien une intervention non médicamenteuse. Il y a une théorie et un contenu. Dans la société savante que nous avons créée, la Non-Pharmacological Intervention Society, après dix ans de recherche dans notre plateforme universitaire de Montpellier, nous travaillons à identifier ces méthodes.

Dans le monde des médecines dites « douces », comment savoir quelles sont les méthodes réellement efficaces ?

Notre société savante va proposer en mars prochain un modèle de validation de ces pratiques, en décrivant la manière dont on va pouvoir valider ces interventions, exactement comme on l’a fait sur le médicament il y a 60 ans. Cela ne veut pas dire qu’il nous permettra de tout savoir sur la manière dont une pratique fonctionne, mais, en tout cas, on aura des explications sur son efficacité ou non. C’est là que réside la différence entre une intervention non médicamenteuse et une pratique non conventionnelle, avec un niveau d’exigence qui est le même que celui des médicaments.

100 médecines douces validées par la scienceA ce jour, quelles sont les méthodes qui ont fait leurs preuves ?

Le régime cétogène, le régime sans gluten, des objects connectés santé, des méthodes de kinésithérapie, des thérapies comportementales et cognitives, l’EMDR, des méthodes de prévention de la chute chez les personnes âgées, etc. Mon livre*, destiné avant tout au grand public, en montre 100, et on pense qu’il y en a entre 5 000 et 10 000 !

Propos recueillis par Georges Margossian.

(*) « 100 médecines douces validées par la science », éditions Belin, 441 pages, 21,90 euros.

Partager sur Facebook
Partager sur Linkedin

Dans la même catégorie d' Articles

Nous utilisons des cookies

Welcome Back!

Login to your account below

Retrieve your password

Please enter your username or email address to reset your password.