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« L’âge reste l’élément le plus discriminant en entreprise »

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Face à l'allongement de la vie professionnelle, les entreprises veulent échanger leurs bonnes pratiques sur l’emploi des seniors. Les femmes, dont 31% touchent une retraite inférieure à 890 euros par mois, sont particulièrement concernées, selon Sybille Le Maire, présidente du Club Landoy, qui a lancé une charte en faveur des plus de 50 ans.

L’emploi des seniors n’est pas un sujet qui monopolise l’attention du monde économique. Et pourtant, les chiffres sont éloquents : le taux d’emploi des seniors en France reste aujourd’hui inférieur de 10 points à la moyenne européenne, alors que 30% de la population française aura plus de 60 ans en 2030…

Mais l’idée fait son chemin. Un collectif d’entreprises, le Club Landoy (groupe Bayard), associé à L’Oréal, s’efforce de sensibiliser les responsables de ressources humaines à la «transition démographique». Une charte visant à favoriser l’emploi des plus de 50 ans a été lancée en 2022. Elle a recueilli à ce jour le soutien de 136 entreprises, dont une trentaine de start-up de la French Tech.

Les signataires s’engagent sur dix points, notamment le développement des compétences, la transmission des savoirs entre les générations, la santé et le bien-être au travail ou encore la valorisation des collaborateurs expérimentés. Une initiative, pour l’instant non contraignante, qui devrait aussi déboucher sur la mise en place, à terme, d’un index sur l’inclusion des seniors dans les entreprises.

Profession bien-être : Pourquoi est-il urgent, selon vous, de se pencher sur la place des 50 ans et plus dans les entreprises ?

Sybille Le Maire : L’âge reste l’élément le plus discriminant en entreprise. Toutes les études le démontrent. Il n’est plus pensable qu’on considère une personne dite «senior» à partir de 50 ans. Cela demande effectivement qu’il y ait une prise de conscience, qu’on redonne une capacité de projection à l’ensemble des collaborateurs, qu’on arrête de segmenter par âge et qu’on accompagne cela par une formation plus importante et en continu. 

Les grands groupes comme les petites entreprises ? Selon vous, c’est la même problématique ?

C’est un problème général. La démographie, au-delà de l’ensemble des entreprises, concerne la France, l’Europe et une très grande partie du monde, en tout cas en ce qui concerne les pays développés. On dit que l’Europe va perdre 40 millions d’habitants d’ici 2050.

On parle beaucoup d’apprentissage pour les petites entreprises. Est-ce que dans cet environnement les seniors ont toute leur place ?

Ils ont tout à fait leur place ! Ce qui est compliqué, aujourd’hui, c’est qu’on a une segmentation qui ne permet pas d’accueillir ce besoin, notamment d’apprentissage. On a cette idée culturelle qui est : je nais, je grandis, je m’éduque, je travaille, j’arrête de travailler et je meurs… On voit bien qu’il y a des cycles de vie, qu’on est happé aussi par des phénomènes tels que l’IA qui font qu’on a une obsolescence de nos compétences. Il ne faut pas attendre d’être seniors pour cela. La transformation culturelle, c’est l’idée qu’il faut se former en continu.

Il y a un point que vous soulevez également, c’est la place des femmes dans les entreprises. Quel est le problème aujourd’hui pour celles qui ont plus de 50 ans ?

Le problème, c’est au moment du passage à la retraite : 31% des femmes qui passent à la retraite en France touchent moins de 890 euros par mois. Cet enjeu est d’autant plus important qu’elles sont amenées à vivre six années de plus. Les raisons qui y concourent, on les connaît. Ce sont les ruptures professionnelles, les temps partiels, les inégalités de salaire et l’augmentation des familles monoparentales.

Autre phénomène : il y a un nombre d’aidants croissant en France – on dit 11 millions aujourd’hui, 17 million à horizon 5 ans – et ces aidants sont très majoritairement des aidantes. C’est pourquoi j’invite les entreprises, quelle que soit leur taille, à développer l’éducation économique et financière des femmes, pour qu’elles puissent anticiper beaucoup plus en amont les phénomènes économiques que vont imposer, d’une part, la retraite, et, probablement, pour une partie d’entre elles, les enjeux de coûts de la dépendance.

Propos recueillis par Georges Margossian.

LIRE AUSSI : Hervé Navellou (L’Oréal France) : « 30% de nos collaborateurs ont plus de 50 ans »

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