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Après-Covid : un marché mondial du bien-être en plein essor ?

Le GWI prévoit une croissance robuste du wellness d'ici 2025

La pandémie a suscité un regain d’intérêt pour le bien-être : la reprise de cet immense marché devrait être robuste à l’échelle mondiale, selon les experts du think tank américain Global Wellness Institute.

Au cours des cinq prochaines années, leur rapport prévoit une croissance mondiale de 9,9% par an pour le seul marché du bien-être, qui devrait atteindre 5 000 milliards de dollars en 2022, puis 7 000 milliards en 2025. Une reprise qui est étroitement liée à une prise de conscience des consommateurs – prendre soin de soi pour se préserver et survivre -, estiment les auteurs.

Explication : dans le jargon des consommateurs, le bien-être est souvent assimilé au fait de prendre soin de soi, de se faire dorloter ou de faire une coupure dans son quotidien, mais le stress de la pandémie aurait déplacé le curseur. Aujourd’hui, prendre soin de soi, c’est avant tout un moyen de survie et d’auto-préservation, souligne le document. Le bien-être va donc au-delà d’un bain moussant, d’un soin visage, d’un massage ou d’une séance de méditation. S’intégrant désormais dans tous les aspects de notre vie quotidienne, il s’étend aux repas faits maison, aux relations humaines, au sommeil, à la nature ou encore au «bien-être financier».

La prévention conçue comme un mode de vie

Avec la crise sanitaire, l’intérêt du public pour l’immunité et les moyens de la préserver s’est donc accru, d’où la vogue actuelle des activités physiques, de la régulation du sommeil et de la gestion du stress. La transmission aérienne du virus a également attiré l’attention sur la mauvaise qualité de l’air intérieur, les particules fines et les problèmes de pollution. Il faut donc aller au-delà des vaccinations et des campagnes anti-tabac, pour promouvoir des modes de vie plus sains.

L’appétence du public pour ses modalités «alternatives» pousse aussi a médecine à s’intéresser de très près au marché du bien-être. Au point d’étudier, de tester et de valider des disciplines traditionnelles comme le yoga, la méditation, la phytothérapie, l’acupuncture et les psychotropes, note le rapport.

Dans un avenir proche, la pression des coûts sur les assurances santé, le vieillissement des populations et la montée des maladie chroniques forceront la médecine à englober de plus en plus d’activités de bien-être, assurent ses auteurs. En contrepartie, les représentants des thérapies alternatives devront s’aligner de plus en plus sur des études scientifiques pour ne pas nuire à leurs clients.

Se reconnecter à la nature

En définissant le bien-être comme holistique, les spécialistes oublient souvent de faire référence à la nature. C’est le moment de changer d’attitude, relève le GWI. Lors des différents confinements, nous nous sommes tournés vers le plein air. Beaucoup de citadins ont préféré aller vivre à la campagne. Ceux qui sont restés ont exploré les parcs et les espaces verts de leur quartier.

La nature devrait donc faire partie de nombreuses expériences de bien-être à l’avenir, en déduit le rapport. L’amour de la nature entraîne aussi un intérêt nouveau pour le développement durable. Et si les entreprises craignent qu’il prenne le pas sur la croissance, il faudra cependant tenir compte de cette appétence nouvelle du public pour l’écoresponsabilité, ajoutent les auteurs.

Équilibrer les connexions physiques et virtuelles

Bien avant que le Covid-19 impose la distanciation sociale, le monde souffrait déjà de solitude. Avant la pandémie, certains signes avant-coureurs indiquaient déjà le désir de tisser des liens : croissance du co-working et du co-living. Les marques de fitness et les groupes hôteliers l’avaient bien compris en communiquant sur le fait de pouvoir «trouver sa tribu» dans leurs établissements.

Depuis, la pandémie a provoqué une migration massive vers les plateformes numériques : cours de gym sur Youtube, soirées Zoom, concerts virtuels, applications pour la méditation ou le coaching, mariages et funérailles hybrides…  Le digital est ainsi sorti grand gagnant de la crise, en remplissant un vide critique.

La question est maintenant de savoir si l’expérience numérique est adéquate pour maintenir des relations humaines significatives et durables, s’interrogent les auteurs du rapport, qui font remarquer que certaines entreprises redoublent d’efforts en se tournant vers la réalité augmentée et l’intelligence artificielle, pour créer des expériences immersives.

Émergence du bien-être mental

C’est devenu un problème latent. Les cas de démence devraient quasiment tripler dans le monde d’ici 2050, prévenait l’OMS cet automne. Par ailleurs, la santé mentale des jeunes s’est aggravée depuis la pandémie, soulignait un récent rapport de l’Unicef. On note ainsi, un peu partout, une augmentation du stress, de l’anxiété, de l’épuisement professionnel et du sentiment de solitude.

En fait, un grand changement vers la santé mentale ne fait que commencer, affirme le GWI. Selon son rapport, ce chemin a été initié, non par la médecine mais par les consommateurs et les praticiens de thérapies alternatives, avec des propositions permettant d’aider les gens à renforcer leur résilience et donc d’augmenter leur bien-être mental.

Un « reset » total des valeurs

Autre constat : la crise sanitaire a entraîné une réinitialisation des valeurs qui se manifeste dans plusieurs domaines. Pour beaucoup, être confiné chez soi est devenu un moment de réflexion sur leur carrière, leur famille et leurs relations. Les problèmes économiques dus à la pandémie ont donné lieu à une nouvelle exigence de justice économique et sociale, selon le think tank, qui en profite pour s’interroger sur le sens du bien-être aujourd’hui : un privilège ou un droit fondamental ?

La composition du marché du bien-être

 

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