Beauté

Bien-être

Business

Parce que le bien-être, c'est aussi une affaire de professionnels

Covid-19 : peu de données scientifiques sur les contaminations en extérieur 

Alors que le port obligatoire du masque s’étend désormais dans les grandes villes, Strasbourg et Bordeaux rejoignant bientôt Paris et Marseille, la mesure, qualifiée de «contrainte raisonnable» par le président Macron, ne repose, pour l’instant, sur aucun fondement scientifique.

Avec la multiplication du dépistage, les statistiques repartent à la hausse. Le nombre de tests virologiques, longtemps contraint par la pénurie, atteint 890 000 par semaine. Le ministre de la Santé Olivier Véran a annoncé jeudi avoir fixé aux laboratoires un objectif «à court terme» de 1 million de tests hebdomadaires.

Des «bons de dépistage» sont même envoyés pour toucher les populations où le virus circule beaucoup et tous les Français «au retour d’une zone de circulation active du virus» sont invités à se faire tester. «Plus de personnes seront testées, plus le taux de positivité sera représentatif de la population et donc de l’évolution de l’épidémie», affirmait au début du mois Olivier Terrier, virologue chercheur au CNRS, interrogé par Le Figaro.

Reste une question : si le nombre de cas quotidiens est en augmentation – plus de 7 000 en 24 heures vendredi -, le port obligatoire du masque dans tout ou partie des espaces publics extérieurs est-il justifié sur le plan scientifique ? Car si cette mesure, anxiogène pour la population et relativement coûteuse, est considérée comme efficace dans des espaces, en permettant de réduire la dose virale inhalée, qu’en est-il dans les mieux extérieurs ?

Une densité humaine moins élevée

En l’état actuel des connaissances, trois modes de contamination sont mis en avant : les postillons expulsés par une personne infectée, le contact avec une surface souillée et des micro-gouttelettes exhalées par les malades, qui, contrairement aux postillons, peuvent rester en suspension plusieurs heures et franchir des distances plus importantes.

En toute logique, dans les endroits clos, une moindre circulation de l’air permet plus facilement aux particules virales d’atteindre une concentration suffisante pour infecter celui qui les respire. Mais une mauvaise ventilation dans ce type d’espace peut aussi constituer un facteur de risque majeur, masque ou pas : une étude publiée fin août par le British Medical Journal (BMJ) suggère que le respect d’une distance de 1 ou 2 mètres, dans ce cas de figure, est inutile.

A l’extérieur, l’air circule davantage, bien entendu, et la densité humaine y est généralement moins élevée. «Avec le vent, la particule fine va vraiment voyager loin, mais, en voyageant sur cette distance-là, elle se dilue», reconnaît Jean-François Doussin, chercheur à l’université Paris-Est Créteil au Laboratoire interuniversitaire des systèmes atmosphériques, interrogé par le journal Le Monde.

Si la dose de virus à laquelle le malade a été exposé détermine la gravité de la maladie, peut-on raisonnablement penser que la plupart des lieux de passage, en milieu extérieur, «ne permettent pas des contacts suffisamment prolongés pour que la dose virale inhalée devienne infectante», comme le soutiennent les décodeurs du Monde ?

Aucun cluster en milieu extérieur

Car, selon le quotidien du soir, il n’existe «quasiment pas» de données sur les contaminations en extérieur, sauf celles d’une étude chinoise disponible en prépublication. Et ses conclusions sont bien minces : sur 318 foyers de transmission identifiés entre janvier et février 2020 dans 120 villes chinoises, un seul comportait un environnement extérieur.

Contactée par Le Monde, l’agence régionale de santé (ARS) d’Ile-de-France, dont tous les départements sont désormais classés en «zone rouge», indique d’ailleurs n’avoir repéré «aucun cluster impliquant un environnement exclusivement extérieur». «Au niveau national, la plupart des foyers détectés se sont formés dans des endroits fermés», ajoute le quotidien.

Reste les rassemblements, les lieux publics extérieurs, voire de rues commerçantes étroites et densément fréquentées en haute saison. Mais là encore, dans un endroit bien ventilé où la densité de population est élevée, le risque est faible si les gens portent un masque, parlent sans crier et restent sur les lieux peu longtemps, estiment, pour leur part, les auteurs de l’étude parue dans le British Medical Journal.

Partager sur Facebook
Partager sur Linkedin

Dans la même catégorie d' Articles

Nous utilisons des cookies

Welcome Back!

Login to your account below

Retrieve your password

Please enter your username or email address to reset your password.