Entre acupuncture et gymnastique de santé, les Chinois prennent leur bien-être au sérieux. Les soins font ainsi partie de leur quotidien, quel que soit leur niveau social. Profession Bien-Être a relevé pour vous les pratiques les plus populaires.

Dans la Chine ancienne, les maisons prospères possédaient leur propre herboriste, qui était payé tant que la famille se trouvait en bonne santé. Son salaire était suspendu à la première maladie. C’est dire s’il devait suivre de près l’état de santé de ses employeurs ! En fait l’herboristerie chinoise remonte aux taoïstes, qui exploraient déjà le monde végétal à la recherche de l’élixir de longévité. En plus des plantes sont également utilisés des éléments minéraux et animaux, comme les lézards séchés, les insectes grillés ou les perles.

L’acupuncture

ACUPUNCTURE

Les premières aiguilles d’acupuncture sont en pierre. Elles sont apparues à l’âge paléolithique. Plus tard, elles seront fabriquées successivement en os, bambou, or, argent et, aujourd’hui, en acier inoxydable.

Le principe est simple : il s’agit de modifier le cours du Chi en enfonçant une aiguille sur des points précis pour ainsi établir une «dérivation». Prestement enfoncée, elle n’est absolument pas douloureuse. Pour la médecine occidentale, l’acupuncture bloquerait les récepteurs sensoriels, diminuant ainsi la douleur et stimulerait le système nerveux, la circulation sanguine et la production d’endorphines.

L’acupuncture ne fait pas seulement appel aux aiguilles. D’autres accessoires ou techniques viennent compléter le traitement. Ainsi, le moxa est un cigare de feuilles d’armoise que l’on fait brûler près des zones douloureuses. L’efficacité de l’acupuncture serait renforcée grâce à cette combustion de plantes. Considéré comme un moyen d’action yang, le moxa est particulièrement apprécié en cas de douleur articulaire, courbatures et rhumatismes.

Le cupping – ou pose de ventouses -, qui repose sur les mêmes principes que l’acupuncture, est une vielle technique chinoise toujours très appréciée. Le praticien créé le vide dans la ventouse en plaçant à l’intérieur une allumette qui va consumer l’oxygène, avant de la poser sur les endroits douloureux. La succion ainsi exercée stimule la circulation sanguine et le flux du Chi. Elle chasse l’humidité et le froid du corps.

L’acupressure a longtemps été mal vue en Chine, car le praticien devait toucher la peau du patient avec ses doigts, ce que les classes supérieures estimaient déplacé. Cette technique de stimulation manuelle des points d’acupuncture est aujourd’hui très demandée. Elle aurait des effets favorables sur les problèmes de constipation, diarrhée, insomnie, mal de dos, douleurs musculaires et problèmes digestifs.

La réflexologie

LES POINTS DE CORRESPONDANCE DE LA RÉLXOLOGIE PLANTAIRE On retrouve cette technique à la fois en Chine, dans l’Egypte ancienne et la Grèce. Dans cette méthode particulière, on considère que le pied est un microcosme représentant le corps tout entier. Chaque zone correspond alors à un organe. En stimulant la zone par des pressions, des effleurements et des pétrissages, on stimule l’organe correspondant. Certains réflexologues pourraient même, en massant vos pieds, vous parler de vos problèmes de santé passés, présents… ou à venir, en déterminant les terrains sensibles.

Le Tui Na

LE MASSAGE TRADITIONNEL CHINOIS, LE TUI NA

Ce massage traditionnel, qui remonte à plus de 3 000 ans, serait le père spirituel du shiatsu japonais et du massage thaï. Le Tui Na se pratique habillé ou à travers une pièce de tissu… Et il n’a rien d’une caresse ! A nos sensibilités occidentales, il peut même paraître plutôt violent. Il peut aussi se pratiquer à même la peau en utilisant des onguents, des liniments ou des huiles, censées avoir un pouvoir curatif. On emploie, par exemple, l’huile de sésame pour le dos ou le ventre, car elle possède un effet «chaleur» qui renforce l’efficacité du massage.

Le Tui Na utilise six techniques manuelles de base : tui (poussée), na (pincement) an (pression), mo (frottement), gun (roulé), quan (étirement). Elles sont réalisées à une ou deux mains, avec les coudes ou encore les pieds. Le Tui Na s’effectue sur tout le corps, en évitant toutefois les parties plus sensibles, comme le visage ou le cou.

L’efficacité de ces soins n’a donc rien à voir avec le décor, ni avec l’exotisme. On oublie trop souvent que les massages chinois font partie intégrante d’un système de santé à part entière, tout comme l’Ayurveda ne peut pas se résumer à une simple succession de massages indiens, aussi dépaysants soient-ils.

Proposer de tels soins à votre clientèle exigera de vous une formation poussée, qu’un stage de trois jours ne pourra vous prodiguer. D’autant que la concurrence est forte entre les praticiens, ces techniques étant très en vogue. Certains établissements parisiens, comme la Maison du Tui Na l’ont bien compris. Avant de vous envoler vers Pékin, Shanghai ou Hong Kong, à la recherche du bien-être à la chinoise, commencez donc par faire escale dans l’un d’eux, pour savoir si ce type de soins vous correspond.