Un ordinateur quantique pour traquer les points noirs ? L’image prête à sourire. Pourtant, c’est bien l’une des technologies utilisées par Kosé pour mettre au point le «Décorté AQ Pore Blackhead Dissolver», un sérum nettoyant pour les pores, distingué cette année par les Mintel Most Innovative Awards au Japon.
Le problème posé aux chercheurs était le suivant : trouver une formulation capable d’agir sur les bouchons qui obstruent les pores tout en restant douce pour la peau. Ils ont alors trouvé un produit qui cible précisément les lipides présents dans ces bouchons.
La formulation change d’échelle
Mais le plus intéressant est ailleurs… Car pour dénicher la bonne formule parmi plus de 100 milliards de combinaisons possibles d’ingrédients et de mélanges, les chercheurs ont fait appel au calcul quantique, un procédé qui permet d’explorer certains problèmes complexes plus efficacement que les ordinateurs classiques.
Pourquoi mobiliser une technologie aussi sophistiquée pour fabriquer un cosmétique ? Certes, parce que les points noirs, ces intrus particulièrement tenaces, le valaient bien, mais surtout parce qu’une formule peut vite devenir un gigantesque casse-tête. Plus on multiplie les ingrédients, leurs concentrations et leurs interactions, plus le nombre de combinaisons possibles explose.
Creusons un peu. Une publication scientifique de 2022, parue dans Current Opinion in Chemical Engineering, montre que le calcul quantique pourrait aider à résoudre certains problèmes trop complexes pour les méthodes classiques. Par exemple, pour optimiser une formule, prévoir les propriétés d’une molécule ou simuler des réactions chimiques.
Une technologie encore limitée
Pas question, pour autant, de remplacer demain matin tous les ordinateurs des laboratoires par des machines quantiques. Au contraire, les auteurs insistent sur l’intérêt probable de systèmes hybrides, combinant calcul classique et calcul quantique. La technologie reste par ailleurs limitée, notamment par la capacité encore réduite des ordinateurs quantiques et par le bruit qui perturbe les calculs.
Pour la cosmétique, l’intérêt apparaît donc moins spectaculaire qu’il n’y paraît, mais potentiellement très concret : aider les formulateurs à chercher plus efficacement parmi un très grand nombre de solutions possibles.
LIRE AUSSI : Vers une théorie quantique de la conscience grâce à l’anesthésie ?



