Riche en manœuvres et en variantes, le massage suédois a fait le tour du monde. C’est qu’il s’adapte à toutes les situations : tonifiant ou relaxant, profond ou léger. Il demande toutefois un long apprentissage avant d’être pleinement maîtrisé.

Pratiqué à l’huile et sur table, ce massage musculaire, très efficace pour ses effets physiologiques, ravira les praticiens organisés et méthodiques. Pourquoi ? Tout simplement, parce qu’il respecte une logique précise (chaînes musculaires et retour sanguin). Ses manœuvres visent à réchauffer les zones tendues, afin d’assouplir les fascias et les muscles. De quoi dissoudre tensions et raideurs, le plus souvent provoquées par le stress, des mouvements répétitifs, une mauvaise position ou la sédentarité.

Précisons tout de suite que ces gênes, localisées généralement en haut et en bas du dos, ne s’assimilent pas à une pathologie. Un bon massage suédois peut donc les apaiser. En favorisant un bon retour veineux, le drainage associé à des manœuvres profondes permet l’élimination des toxines. Pas étonnant, dans ces conditions, que cette technique rallie tous les suffrages en Amérique du Nord, où elle est devenue un incontournable des cartes de soin.

Pour quel praticien ?

Cela étant dit, l’apprentissage de cette technique est moins évident qu’il n’y parait. Aux Etats-Unis et au Canada, sa maîtrise requiert 450 heures de formation ! Alors, posez-vous la question : ce massage est-il à votre portée ? Car, avant d’y accéder, il est nécessaire de développer le sens du toucher et d’être capable de déceler sous ses mains les zones de tensions, les nœuds, les raideurs, la température même de la peau…

Maîtriser toutes les manœuvres, on s’en doute, fait partie des connaissances de base : effleurages, glissés profonds, pétrissages, foulages, percussions, frictions, élongations et drainages. Seulement, pour un tel massage, on peut difficilement faire l’impasse sur la compréhension des effets physiologiques de chacune d’entre elles !

C’est pourquoi leur apprentissage est indissociable de l’enseignement de l’anatomie. Il faut connaître les principaux muscles superficiels et semi-profonds, ainsi que la manière de les palper, pour savoir où masser et comment.

Vous avez une bonne mémoire ?  Tant mieux, car bien mémoriser les enchainements, les rythmes, la fluidité, l’harmonie des manipulations et tous les ingrédients qui composent la logique d’un massage, font partie de la formation. Mais ce n’est pas tout. Il vous faudra aussi intégrer le fait de passer au général au particulier, du léger au profond, et inversement. Et surtout : connaître les limites de vos compétences ! S’il y a douleur, blessure récente ou pathologie, le cas n’est plus de votre ressort, mais celui d’un kinésithérapeute ou d’un médecin.

Il existe encore un aspect du massage trop rarement pris en compte : la fatigue. Le massage peut paraître simple et facile à pratiquer… Pourtant, si vous voulez proposer un service de qualité, vous devez maîtriser les outils qui permettent de le faire sans trop d’effort ni blessure. Sachez, par conséquent, vous ménager. Lors de votre soin, tout est important : votre posture, votre façon d’utiliser vos mains et votre corps. Vous ménagerez ainsi votre dos et vos articulations, tout en conservant votre énergie.

Un massage est un échange d’énergies

Sans l’attitude qui l’accompagne, une bonne main de massage n’est rien. Dur à entendre ?  Et pourtant ! L’accueil du client est pratiquement aussi important que le massage lui-même. Savoir le mettre en confiance, lui expliquer le déroulement du soi, prendre en considération sa gêne, surtout s’il s’agit d’un premier massage, sont autant de façons de le rassurer sur votre professionnalisme.

Commencez par un entretien préalable pour mettre en lumière les attentes et les besoins de votre client. Cela vous permettra également de repérer discrètement les éventuelles contre-indications. Après cette entrée en matière, vous pourrez commencer le massage proprement dit, en veillant à respecter le confort et la pudeur de votre client à chaque étape. Plus que toute autre technique, le massage suédois exige de rester à l’écoute, tout en conservant une attitude professionnelle.

La maîtrise d’un bon suédois traditionnel représente un vrai défi, même pour des personnes qui massent depuis des années. Pratiqué dans les règles, il vous permettra d’établir une relation privilégiée avec votre clientèle, fondée sur un soin à valeur physiologique ajourée, à cent lieues des techniques bling-bling, plus ou moins fantaisistes.

 

BIO EXPRESS

Gaëlle Le Corre

Coach sportif, elle étudie le massage thérapeutique au Canada, avant de travailler en spa et en clientèle privée en tant que massothérapeute. Formatrice en massage depuis 2005, elle a créé avec Daniel Paré sa propre école, Azur Massages, en 2011.