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Technique : le massage de la femme enceinte

massage de la femme enceinte

Tensions, douleurs lombaires, jambes lourdes… Si la grossesse peut s’avérer éprouvante pour une femme, tous les massages ne sont pas adaptés à ses problèmes spécifiques. Conseils pour adopter la meilleure approche. Par Gaëlle Le Corre.

Entre les nausées des trois premiers mois, l’état de fatigue, les tensions musculaires, dans la nuque, le haut et le bas du dos, sans oublier les lancinantes douleurs intercostales et, selon les cas, les insomnies, les bouffées de chaleur, les troubles circulatoires ou digestifs… Le corps n’est pas à la fête pendant la période prénatale.

Le massage, durant ces neuf mois de bouleversements hormonaux et émotionnels, peut apporter un réel mieux-être. Mais on y pense rarement, car la future mère est bombardée de contre-indications liées à son état : pas de parfum, ni d’huiles essentielles, positions limitées, etc. Bien sûr, en cas de pathologie ou de grossesse à risque, il vaut mieux s’abstenir de masser sans l’avis du médecin qui suit votre cliente.

La grossesse est pourtant un moment propice, car le sens du toucher est souvent exacerbé pendant cette période. Quels que soient les besoins, d’ordre physique ou psychique, le massage peut apporter un soutien moral et un effet apaisant sur le corps. Le toucher va stimuler la sécrétion d’une hormone de bien-être, l’ocytocine, qui fera chuter le taux de cortisol (l’hormone du stress). À bien y regarder, le massage n’apporte que des avantages : il soulage les nombreuses tensions musculaires réduit les insomnies et permet à la future mère de «voir la vie en rose». Les hormones circulant dans le sang, au même titre que l’oxygène et les nutriments, elles passent la barrière placentaire pour aller aussi nourrir le fœtus.

Le déroulement d’une séance

Le confort est essentiel. Le massage se pratique en deux tiers latéral, la cliente couchée sur le côté, bien calée avec des coussins entre les jambes, sous la tête et entre les bras, en soutien. Pour une séance d’une heure, on compte environ 20 minutes couchée d’un côté, 20 minutes sur le dos et 20 minutes sur l’autre côté. Attention, une femme enceinte ne se sentira pas forcément à l’aise allongée trop longtemps sur le dos, surtout en fin de grossesse. On lui proposera alors de surélever son buste avec des coussins. L’écoute du ressenti de sa cliente reste la plus sûre garantie d’un bon déroulé du soin.

Reste le type de techniques. Massage suédois, shiatsu, thaï ou ayurvédique ? En fait, il n’existe pas de modèle unique. Dans le monde, on trouve des pays très portés sur le soin prénatal, tandis que d’autres l’ignorent. En France, on pratique surtout le massage californien chez les femmes enceintes, avec des manœuvres douces et enveloppantes. Pour ma part, je privilégie un mix de massages cocooning et suédois musculaire. Cela me permet de soulager les tensions.

Au passage, pourquoi ne masserait-on pas le corps dans son ensemble, abdomen inclus, si la cliente est d’accord ? Sachant, bien sûr, qu’un massage appuyé est exclu. En massant doucement l’abdomen, vous aurez peut-être la visite d’un bébé curieux, à moins qu’il ne dorme ou qu’il ne soit timide…

Des attentes très particulières

Un massage sera bénéfique, comme chacun sait, si le praticien est en mesure de comprendre les attentes de sa cliente. Mais chez la femme enceinte, cette question prend une tournure particulière. Quels sont ses besoins ? Quel est son profil ? Est-ce son premier bébé ? Est-elle de tempérament anxieux ? Présente-t-elle des inconforts physiques importants ? A-t-elle besoin simplement d’une présence ou bien de parler, de se confier ? Prenez le temps de l’écouter et de la comprendre.

Depuis que le massage bien-être s’est démocratisé en France, la pratique autour de la maternité est un créneau encore sous-exploité. J’ai commencé à l’enseigner en 2007, à Paris, alors que la plupart des écoles étaient frileuses dans ce domaine. Aujourd’hui, de nombreux spas proposent ce soin. Mais on effleure trop souvent, on n’ose pas masser l’abdomen, on ne prend pas de risque. La grossesse n’est pourtant pas une maladie. La vie continue et elle est souvent encore plus belle, en particulier durant le second trimestre, pendant la fameuse phase de plénitude.

Bref, il reste beaucoup à faire. On peut démarcher les gynécologues et les sages-femmes, proposer des interventions sous forme d’atelier, au cours des préparations à l’accouchement par exemple, offrir des bons cadeaux à faire valoir avant l’accouchement (ensuite, les mamans n’ont plus vraiment de temps à se consacrer), etc. Et après ? Le bouche à oreille fonctionne à merveille chez les femmes enceintes, qui se passent les bons tuyaux.

En réalité, si le monde de la natalité n’interpelle pas tous les praticiens, c’est qu’il faut avoir le feeling. La grossesse est un moment magique. C’est un état particulier, un changement de statut social, une réalisation. Et chacune le vit à sa manière. Quand vous poserez vos mains sur une cliente, vous entrerez en quelque sorte dans sa bulle. Elle partagera ses émotions avec vous. De beaux moments d’échanges en perspective…

BIO EXPRESS

Gaëlle Le Corre

Cofondatrice d’Azur Massages. Coach sportif, elle étudie le massage thérapeutique au Canada, avant de travailler en spa et en clientèle privée en tant que massothérapeute. Formatrice en massage depuis 2005, elle a créé, six ans plus tard, avec Daniel Paré, sa propre école, Azur Massages, aujourd’hui installée à Aix-les-Bains (Savoie).

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