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Olga Do Nikitina : « Nous avons misé sur le soin visage et la chronobiologie »

Olga Do Nikitina

À deux pas de l’Opéra Garnier, à Paris, la marque centenaire Klytia vient d’ouvrir un «City Spa», un espace résolument avant-gardiste qui fait la part belle à l’expertise esthétique. Profession bien-être a rencontré sa dirigeante, Olga Do Nikitina.

Olga Do NikitinaProfession Bien-être : Vous venez d’ouvrir un «City Spa», flagship pour la marque Klytia que vous dirigez. Pourquoi cette appellation ?

Olga Do Nikitina : C’est un petit clin d’œil. En effet, la fondatrice de la marque Klytia, Marie Valentine Lebrun, est à l’origine de l’appellation «institut de beauté». Elle a créé le premier institut de beauté au monde place Vendôme en 1895. Elle y accueillait des têtes couronnées, des femmes du monde, les «people» de l’époque. Par la suite, l’appellation est devenue générique.

Lorsque nous avons décidé de relancer cette «belle endormie» en 2022, nous avons voulu retrouver l’esprit de la fondatrice et explorer de nouvelles pistes. Pour la création de ce flagship, nous avons donc opté pour le concept d’un spa urbain, le  City Spa.

La clientèle a évolué. Aujourd’hui, la population urbaine recherche de l’efficacité et dispose de peu de temps. Le concept de City Spa est plus approprié, avec des soins courts, qui permettent de bénéficier de séances qui s’intercalent dans un emploi du temps chargé.

Peut-on y retrouver des soins spa ?

Si vous entendez par là, trouver des soins traditionnels de bains à remous, avec juste quelques massages, ce ne sera pas la bonne adresse. Nous proposons les grands classiques du soin corps, comme le drainage lymphatique, le massage californien ou le deep tissue, mais nous avons misé principalement sur le soin visage, les traitements anti-âge et l’esthétique du regard.

C’est donc surtout un beauty spa. Et c’est une adresse discrète – nous sommes au premier étage -, qui ne reçoit que sur rendez-vous. Notre différence, c’est aussi de disposer de produits qui ont fait leurs preuves, et de protocoles qui répondent toujours à une réalité physiologique. La marque Klytia est toujours prisée à l’international. Elle est présente à singapour, en Malaisie, en Chine, en allemagne, en Suisse et dans les pays de l’Est. Quant aux formulations,  elles sont toujours actuelles.

Vous avez pourtant sorti deux nouvelles gammes 100% véganes…

Oui. L’une est destinée au grand public, l’autre, aux professionnels, avec des produits cabine fortement dosés en produits actifs.

Vous avez misé principalement sur les techniques manuelles. Est-ce pour respecter l’esprit de la marque ou parce que vous n’êtes pas convaincue par les technologies actuelles ?

Je reste très partagée. Prenez le cas des analyseurs de peau. Une esthéticienne expérimentée doit être à même de réaliser un diagnostic de peau performant, sans avoir forcément recours à une intelligence artificielle. En tout cas, pour le moment, les technologies existant sur le marché n’ont pas encore toutes fait leurs preuves.

Mais l’innovation fait partie intégrante de la marque. Pour l’élaboration de nos protocoles  et de nos routines beauté, nous avons préféré investir sur la chronobiologie et sur des études qui démontrent comment notre organisme obéit  à des rythmes internes.

Un biorythme biologique reproduit des cycles avec des pics d’activité maximale suivi de creux d’activité minimale. Ces rythmes sont reproductibles et surtout prévisibles. Notre peau suit ces rythmes naturels et évolue au cours de la journée.

Cela exige de nombreuses connaissances techniques. Estimez-vous qu’une esthéticienne a un bagage suffisant pour développer une véritable expertise de la peau ?

Oui. N’oubliez pas que l’esthétique est un métier de passion et que la plupart des esthéticiennes continuent à se former tout au long de leur vie professionnelle. C’est pourquoi j’ai tant de mal à comprendre pour quelles raisons, en France, la profession est si dévalorisée.

Les clients confient leur peau et laissent rentrer les praticiennes dans leur sphère intime. Cela prouve que le soin esthétique n’a rien d’anodin. L’esthéticienne dispose d’un élément qu’aucune intelligence artificielle ne peut remplacer : ses mains. Si elle est suffisamment à l’écoute de sa cliente, elle apportera cette touche chaleureuse de compétence bienveillante, qui sera bien plus performante qu’une intelligence artificielle.

Bien sûr, la formation doit être au rendez-vous. La fondatrice de Klytia, à la fin du XIXème siècle en était tellement persuadée qu’elle a ouvert les premières écoles au monde d’esthétique, avant de devenir une marque historique de la cosmétique dans les années 1920. Un exemple très inspirant, puisque nous allons lancer nos premières formations, en partenariat avec le Comptoir de la beauté, une école de Bordeaux.

Quelle serait la formation idéale pour une esthéticienne ?

Sur le plan technique, elle devrait être une vraie spécialiste de la peau, savoir reconnaître, lorsqu’un problème se présente, s’il est de son ressort ou de celui d’un médecin. Mais elle devrait aussi pouvoir suivre des cours de psychologie pour améliorer la prise en charge de sa cliente. Et, bien sûr, une formation en gestion si elle veut ouvrir son propre établissement.

Propos recueillis par Siska von Saxenburg.

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