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Institut de beauté : le retour des musiques de soin

Le retour des musiques de soin

Qu’elle adoucisse les mœurs, ce n’est pas nouveau. Qu’elle puisse également soigner remonte à la nuit des temps… Souvent cantonnée en institut de beauté à un simple accompagnement relaxant, la musique revient en force sur fond thérapeutique.

Pas de soin aujourd’hui sans musique dite relaxante. Le plus petit institut accompagne sa carte d’une illustration sonore. Mais tout le monde n’a pas la même conception de la relaxation. Combien d’établissements se laissent prendre aux sirènes des marchands de musique au mètre, transformant ainsi leur cabine en ascenseur de supermarché ?

Tout le monde n’a pas envie de se faire masser en écoutant le chant des baleines ou le ressac des vagues. Et certaines mélodies dites «planantes» peuvent produire un effet irritant. Car aucun son n’est innocent. Musicothérapie, Klang Therapie (thérapie vibratoire exécutée avec des diapasons) ou bol chantant tibétain : le monde du bien-être s’emplit d’ondes sonores.

Normal, nous vivons dans un monde fait de sons ! Bien au-delà de la perception par l’oreille humaine, la Terre émet de puissantes vibrations sonores. Et même la plus microscopique des cellules émet un son : le physicien écossais Jim Gimzewski, de l’université californienne UCLA, l’a mesuré en 1998.

Pas étonnant, dans ces conditions, que la vibroacoustique, héritière d’une longue tradition, revienne sur le devant de la scène. En utilisant des diapasons que l’on fait vibrer le long des méridiens du corps, certains praticiens obtiendraient un effet positif sur la pression sanguine, le rythme cardiaque et la fonction respiratoire.

Des pouvoirs avérés ?

Depuis l’aube de l’humanité et les premières percussions, les hommes savent que la musique calme, détend et parfois stimule nos neurones. Voilà pourquoi certains chercheurs explorent une théorie selon laquelle notre esprit naîtrait avec un «logiciel musical» prédéterminé, ce qui expliquerait les réactions des nourrissons s’endormant au son de mélodies harmonieuses et se mettant à crier en entendant des sons dissonants.

La musique nous influence, alors que nous n’avons pas tous la même oreille musicale. Des chercheurs des universités de Dortmund et de Münster (en Allemagne) ont ainsi démontré en 1999 que l’audition d’un morceau de musique classique provoquait une augmentation de l’irrigation de l’hémisphère droit du cerveau, alors que des musiques plus rapides, comme le rock, entraînaient une irrigation égale des deux hémisphères, tendant ainsi à prouver que la mélodie, le rythme et le langage sont gérés par différentes parties du cerveau.

Aujourd’hui, les médecins ont recours à la musicothérapie pour combattre les addictions et les traumatismes psychologiques. Certains airs classiques sont particulièrement recherchés, comme le canon de Pachelbel, qui correspond à un pouls de 60 battements par minute, le rythme parfait d’un cœur humain au repos, et recommandé pour un sujet en proie au stress, et même pour des patients souffrant de palpitations ou de tachycardie.

Les scientifiques explorent toutes les pistes. Ainsi, si la Bible relate que le roi Saul soignait sa tristesse au son de la harpe, des unités de soins intensifs utilisent ce même son pour réguler le pouls des nouveaux nés, réduire l’anxiété des patients et calmer les femmes lors des accouchements.

Les soins sonores en institut

Pour valoriser une expérience de soin, l’illustration sonore est donc primordiale. Certains praticiens vont plus loin en proposant des traitements avec des bols tibétains. Ces bols «qui chantent» sont utilisés depuis plus de 3000 ans par les moines tibétains pour soigner et soulager la douleur. Le praticien rappe avec un maillet un bol de métal, qui produit des vibrations harmonieuses. Lors de certains soins, il utilise même plusieurs bols, créant ainsi un véritable un bain sonore.

D’autres spécialistes utilisent des diapasons thérapeutiques accordés à chaque chakra. Cette technique procède d’un ajustement aussi précis que celui des ultrasons pour un soin visage. Elle est rarement pratiquée seule et accompagne généralement une séance de reiki, une stone thérapie ou des soins énergétiques.

Gommages et musique de soin…

Sans aller jusqu’à ces extrémités, certains compositeurs s’intéressent de plus en plus à la «musique de soin». Expérimenté depuis quelques années avec succès chez Bernard Cassière, le Music Skin Care n’est pas une thérapie par le son, mais un soutien à la gestuelle du praticien. Les mouvements de gommage correspondent à des sons particuliers, les tapotements énergisants à d’autres. Cela permet de bien calibrer un soin dans un temps donné, puisque les mains de l’esthéticienne suivent l’impulsion donnée par la musique.

Mais la musique permet aussi aux clients de s’immerger totalement dans l’univers sonore. Les sons sont ainsi mixés avec un effet «panoramique» allant de gauche à droite et de haut en bas. Cela permet de réaliser une symbiose avec le soin. Cette association «digitosonore» est renforcée par le choix des sonorités en fonction des composants des produits : nappes chaudes et savoureuses pour les soins au chocolat, harmonies musicales fluides pour les soins relaxants, rough beats quasi abrasifs pour les gommages.

Un avantage pour l’expérience client mais aussi pour le gestionnaire de l’institut. En effet, le praticien ne risque plus d’allonger les séances et perturber le programme d’occupation des cabines, puisque chacun de ses gestes se calque sur la musique.

Qui peut s’afficher « musicothérapeute » ?

Comme le nom n’est pas protégé, n’importe qui peut se présenter en tant que musicothérapeute. Ces derniers exercent notamment dans les écoles, les hôpitaux, les établissements de soins de longue durée, les résidences pour personnes âgées, les centres de rééducation fonctionnelles, de réadaptation pour les personnes alcooliques ou toxicomanes, les milieux correctionnels ou en cabinet privé.

En Amérique du Nord, la musicothérapie a officiellement fait son entrée au début du XXème siècle, durant la Première Guerre mondiale, pour soulager les soldats blessés. En France, depuis 1970, les recherches et les expérimentations menée en milieu hospitalier ont permis d’intégrer la musicothérapie dans plus de 400 centres de soin.

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