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Esthétique médicale : la French Touch mise sur le naturel

FRENCH TOUCH

La Société française des chirurgiens esthétiques plasticiens (Sofcep) tiendra son congrès annuel à Monaco du 29 au 31 mai. Lors d’une conférence de presse, le 4 avril, les organisateurs ont présenté les grandes tendances de l’esthétique médicale en France, marquées par l’essor de la French Touch.

Place au naturel. Loin du spectaculaire assumé des standards américains ou brésiliens, les chirurgiens esthétiques revendiquent une approche plus subtile, centrée sur l’harmonie et la discrétion. «On ne veut plus ces grosses bouches, ces gros seins… On veut vraiment du naturel», souligne le Dr Bérengère Chignon-Sicard, chirurgienne esthétique à Nice et membre de la commission vigilance de la Sofcep, lors d’un point presse qui s’est déroulé à Paris le 4 avril dernier. 

La beauté, désormais, ne doit plus s’imposer. Elle doit simplement s’épanouir. Et c’est là toute la singularité française. Aujourd’hui, les interventions sont plus personnalisées, plus discrètes, et visent des résultats naturels, raffinés, plus subtils… Baptisée French Touch, cette approche s’oppose aux pratiques plus démonstratives d’outre-Atlantique, où la visibilité du résultat prime souvent sur la nuance.

«Les patientes veulent que le résultat soit visible, mais sans que cela ne se voie trop. C’est un paradoxe subtil à gérer», observe la spécialiste. Et si la demande évolue vers plus de naturel, les outils techniques suivent aussi le mouvement. En 2024, l’innovation en esthétique médicale s’oriente vers des solutions plus sûres, plus précises, et surtout moins visibles, expliquent les membres de la Sofcep. 

Des technologies au service de la French Touch

Les dernières formulations d’acide hyaluronique et de toxine botulique gagnent en performance. Plus durables, plus précises, elles permettent d’affiner les résultats tout en renforçant la sécurité des actes, constate le Dr Bérengère Chignon-Sicard. Le mot d’ordre : viser l’harmonie des traits, sans figer les expressions.

Pour les patients qui hésitent à franchir le cap de la chirurgie, les ultrasons focalisés et les lasers de nouvelle génération offrent une alternative intéressante. Ils permettent un raffermissement cutané sans incision, avec des suites légères. «Ces technologies ont pour objectif principal de raffermir la peau, avec des résultats plus ou moins intéressants selon les machines utilisées», précise la chirurgienne. 

Selon elle, la graisse autologue s’impose comme un matériau de choix, tant pour la restauration des volumes que pour la qualité de peau. Pas étonnant, dans ces conditions, que le lipofilling connaisse un véritable essor, notamment en augmentation mammaire ou en rajeunissement facial.

«Certaines patientes souhaitent une augmentation mammaire exclusivement à partir de leur propre graisse», observe la spécialiste, ajoutant que, contrairement aux idées reçues, cette technique offre des résultats durables. «Il est vrai qu’une partie de la graisse injectée est résorbée, mais le reste s’intègre durablement», admet-elle.

L’échographie miniaturisée : la révolution silencieuse

C’est l’un des outils les plus prometteurs pour sécuriser la pratique. L’échographie, bien connue en radiologie, fait désormais son entrée dans les cabinets de médecine et chirurgie esthétique. Elle permet une visualisation en temps réel des structures sous-cutanées – nerfs, vaisseaux, tissu adipeux – et réduit significativement les risques d’injection accidentelle.

«Ces appareils permettent de visualiser les tissus en profondeur, sous la peau, notamment les artères, les veines et les nerfs. Grâce à cette précision, on peut injecter exactement au bon endroit, ce qui diminue le risque de complications», se félicite le Dr Bérengère Chignon-Sicard. Mais l’ergonomie de ces dispositifs reste un frein. Conçus pour des spécialistes de l’imagerie, ils ne sont pas encore parfaitement adaptés aux gestes des chirurgiens.

«Nous, les chirurgiens, avons besoin de nos deux mains. Il faut donc adapter les outils à nos gestes techniques», ajoute-t-elle. La miniaturisation en cours pourrait changer la donne : certains prototypes se fixent déjà au doigt ou au dos de la main, libérant totalement le geste.

Le naturel passe par une vision globale de la beauté

Autre évolution à surveiller de près : l’arrivée progressive de l’intelligence artificielle dans les cabinets. Si son intégration en médecine esthétique reste embryonnaire, elle pourrait, à terme, révolutionner la personnalisation des traitements. L’IA permet déjà de simuler les résultats attendus, de proposer des protocoles sur mesure à partir des données du patient, et de renforcer la sécurité des actes en anticipant certains risques.

«L’idée n’est pas d’avoir un robot qui décide à notre place, mais que l’outil fournisse une base intelligente, que nous pourrons affiner en tenant compte des désirs spécifiques de la patiente», nuance le Dr Chignon-Sicard. La French Touch restera, dans tous les cas, une affaire de regard et de discernement.

«Certaines rides apportent du charme… Il faut les préserver, et ne corriger que ce qui véhicule une émotion négative ou un aspect fatigué», fait remarquer la chirurgienne. Chaque consultation impose donc une écoute attentive. Au fond, la French Touch ne tient pas qu’aux gestes. Elle repose sur une lecture subtile du visage, de ses expressions… et de ce que le patient souhaite vraiment.

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