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Esthétique : gare aux formations bidon, alerte la Cnaib

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Certains stages ne débouchent sur aucun diplôme reconnu par l’Etat, laissant les étudiantes sans débouchés, alerte la Cnaib, partie civile dans une affaire où la fondatrice d’une école promet des formations certifiantes en esthétique à des non-diplômées. 

Prothésie ongulaire, rehaussement de cils, madérothérapie… Un marché en pleine explosion, mais pas sans pièges. La beauté fait rêver, et les formations séduisent de plus en plus de salariés en quête de reconversion. Mais parfois, derrière les belles promesses, les élèves tombent de haut, déboursant des milliers d’euros pour un «diplôme» sans valeur.

«Sur la plateforme de France Travail, de très nombreuses offres de formations ne mentionnent pas qu’être diplômé en esthétique [BP ou CAP] est un pré-requis, comme le veut le Code de l’artisanat. Mais France Travail n’a pas suffisamment de pouvoir de modération sur les offres déposées sur sa plateforme pour encadrer ces dérives», met en garde la présidente de la Cnaib, Martine Bérenguel, dans un communiqué. 

La Confédération nationale artisanale des instituts de beauté a décidé de se porter partie civile dans une affaire qui illustrerait, selon elle, les dérives du marché. Au cœur du dossier : un centre de formation privée promettant des certifications «reconnues» en quelques jours. «Une fois installées à leur compte, elles exercent dans l’illégalité, avec tous les risques que cela implique», avertit l’organisation patronale. 

Sur le site de cet établissement, basé à Thionville, en Moselle, le label Qualiopi est mis en avant, ainsi qu’une certification de prothésie ongulaire enregistrée au RNCP. Ouvert en 2020, il assure des formations toute l’année : prothésie ongulaire, rehaussement de cils, soins du visage, épilations, voire radiofréquence, lifting colombien, head spa ou encore drainage lymphatique. 

« C’est la sécurité des consommateurs qui est en jeu »

«En 2021, j’ai eu 206 élèves, les formations durent entre deux et cinq jours, toujours par petits groupes. Il faut compter entre 400 et 1 800 euros selon la prestation retenue, mais il existe de nombreuses aides. On repart avec une certification et je propose un suivi et des formations de perfectionnement», expliquait sa patronne, Soraya M., au Républicain Lorrain en 2022. 

Problème : son centre aurait affirmé que des prestations comme le microblading, l’usage de l’hyaluropen ou l’épilation visage pouvaient être pratiquées dès le lendemain de la formation, sans diplôme ni qualification, selon la Cnaib. Son site Web aurait aussi affiché des allégations thérapeutiques réservées aux médecins.

«Au-delà des risques économiques et juridiques, c’est aussi la sécurité des consommateurs qui est en jeu. Des accidents ou des prestations mal exécutées peuvent résulter de l’intervention de personnes non qualifiées. De surcroît, les assureurs refusent de couvrir les praticiens non-diplômés, ce qui complique encore davantage leur situation en cas de litige», explique la Cnaib, qui pointe aussi une possible escroquerie : le CAP d’esthétique transmis par la propriétaire de ce centre à la chambre des métiers serait faux. L’audience aura lieu le 24 février au tribunal correctionnel de Thionville.

LIRE AUSSI : L’encadrement du périmètre du métier d’esthéticienne plus que jamais d’actualité

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