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Carole Florent (Beauty Profs) : « L’institut sans expertise, c’est fini »

BEAUTY PROFS

Le salon Beauty Profs ouvre ses portes ce dimanche, à Marseille. Profession bien-être revient avec Carole Florent, sa commissaire générale, sur cet  événement qui a déployé ses ailes en se délocalisant.

BEAUTY PROFSProfession bien-être : Vous avez repris un salon moribond en 2018, un an avant le Covid. Cinq ans plus tard, votre événement est devenu un rendez-vous incontournable dans le sud de la France. Comment expliquez-vous cette évolution rapide ?

Carole Florent : En fait, nous sommes partis de loin. En rachetant Beauty Profs, qui se tenait depuis vingt ans à Palavas-les-Flots, nous avions l’ambition d’en faire un vrai rendez-vous professionnel. Il fallait donc abandonner Palavas, dont le potentiel d’expansion était limité pour un endroit plus adapté à un «grand» salon. Le parc Chanot à Marseille répondait à toutes nos attentes. Dès la deuxième année, nous avons donc misé sur Marseille.

Quels changements avez-vous apportés ?

Nous avons multiplié par 4 la surface d’exposition, et surtout : nous avons eu la chance de pouvoir transformer un salon «dans le sud» en «salon du Sud». La nuance est importante. Nous l’avons constaté avec l’évolution de notre visitorat. Au départ, il a été très local, puis, peu à peu, nous avons vu la zone d’intérêt se multiplier. Aujourd’hui, nous attirons des esthéticiennes de toutes les régions de France, et même de l’étranger.

Quelle a été votre stratégie ?

Par chance, nous avions déjà une vraie expérience du marché. Et sous toutes ses facettes : la gestion d’instituts et de salons de coiffure, la distribution et l’organisation d’événementiels. Nous connaissons donc parfaitement les besoins de nos exposants, ce qui nous permet de les aider à réussir leur passage à Beauty Profs.

Beaucoup de salons professionnels ou grand public ont dû revoir leur copie après le Covid. Comment avez-vous réagi ?

Nous n’avons pas eu le temps de prendre de mauvaises habitudes ! Dès 2018, date de notre arrivée à Marseille, nous avions misé sur le parcours client et ce que nous pouvions proposer aux visiteurs.

Beauty Profs s’est tourné vers l’innovation et les marchés innovants de l’esthétique : l’esthétique du regard, les soins experts, les ongles… Nous avons également conclu un partenariat avec des compétiteurs internationaux, comme le concours Inja, qui est devenu depuis un rendez-vous annuel régulier.

Les choses ont changé, l’offre des salons professionnels s’est éclatée. L’ère des stands vitrines moulés dans le formol est révolue. L’univers de l’esthétique est très sensoriel : il faut donc créer, même au cours d’un salon, une expérience client mémorable.

Il existe, c’est vrai, des événements plus modestes, mais le modèle est encore au stade expérimental et les budgets des marques ne sont pas exponentiels.

Vous dites que la situation a changé. L’esthétique est-elle un marché sinistré, selon vous ?

Absolument pas ! Mais le monde de l’institut est face à de nouveaux défis. L’après-Covid est brutal… Pour la première fois, les esthéticiennes – comme les coiffeurs, du reste – se trouvent confrontés à l’inflation et au changement de mentalité de leurs clients.

C’est un moment charnière, où les instituts doivent se repositionner. Les esthéticiennes ne peuvent plus se contenter de faire des soins comme elles en faisaient il y a vingt ans. Elles doivent pouvoir proposer des prestations que leurs clientes ne peuvent pas faire elles-mêmes à domicile.

Alors, non, l’institut généraliste n’est pas en bout de course. Ce qui est fini – et pour de bon  – c’est l’institut sans expertise. Tout comme l’établissement trop spécialisé : un centre minceur ne travaille bien que cinq mois dans l’année. Alors que l’esthéticienne, elle, doit vivre tous les jours, même pendant les mois où ses clientes ne songent pas à perdre du poids !

L’avenir sourit donc aux instituts qui se convertissent aux technologies ?

Oui, les appareils, de plus en plus perfectionnés, permettent aux instituts d’être plus rentables. Mais le manuel n’a pas dit son dernier mot ! Certains instituts continuent à miser sur les soins manuels, mais se positionnent sur des soins experts. Il n’y a qu’à voir le succès des facialistes au cours des derniers mois. L’esthétique du regard, en particulier la dermopigmentation, commence à se structurer : elle possède ses marques propres, ses vedettes, ses formations.

Quant au marché des ongles, souvent méprisé par les professionnels, il est en pleine expansion : les marques sont créatives, inventent de nouveaux produits, codifient les prestations. C’est un secteur de l’esthétique qui possède à la fois un côté artistique et créatif, et un côté technique et pratique.

Comment voyez-vous l’évolution du marché ? L’esthétique va-t-elle encore attirer les jeunes?

Mais l’esthétique ne cesse d’attirer les jeunes entrepreneuses ! Il n’y a qu’à voir l’influence grandissante des réseaux sociaux, des nouveaux codes de soin. Quant à l’idée reçue qui veut que les esthéticiennes soient des dindes jacassantes et superficielles, elle a vécu ! Toutes ces jeunes femmes qui se lancent n’ont qu’une idée, ouvrir leur institut, et elles sont toutes conscientes aujourd’hui qu’elles doivent être performantes. Elles savent que si elles ne sont pas rentables, elles vont couler.

N’est-ce pas un facteur anxiogène ?

Oui, c’est un facteur d’angoisse. Mais n’oubliez jamais que l’esthétique est avant tout un métier de passion, plein de diversité, de niches, de spécialisations différentes. C’est cette diversité, cette richesse que nous avons voulu mettre en scène à Beauty Profs. Nous sommes convaincus de l’importance de la beauté globale. C’est l’une des raisons pour lesquelles nous avons noué cette année un partenariat avec l’événement Coiffure Beauté Méditerranée, dont c’est la reprise officielle.

Propos recueillis par Siska von Saxenburg.

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