Vers un nouvel équilibre entre marques et parfumeurs ? Le groupe de produits de grande consommation investit 80 millions de livres, soit près de 95 millions d’euros, dans une nouvelle usine de parfums, qui devrait être mise en service en 2027. Au cœur du projet : une nouvelle installation à Port Sunlight, dans le nord-ouest de l’Angleterre, en face de Liverpool, adossée aux sites R&D historiques du groupe.
L’objectif est de «construire une maison de parfum de classe mondiale au sein d’Unilever», déclare Richard Slater, responsable du R&D chez Unilever, cité dans un communiqué. Historiquement dépendant des grandes maisons de composition comme Givaudan, IFF ou Firmenich, Unilever ne rompt pas ses alliances, mais change d’échelle.
«Notre nouvelle installation de parfumerie et nos parfumeurs experts nous permettront d’apporter des insights et des innovations parfumées à nos marques rapidement», ajoute Richard Slater.
Maîtriser entièrement la chaîne de parfum
Il s’agit, pour le groupe, de reprendre la main sur les chaînes de création et d’approvisionnement en matières premières parfumées. L’enjeu ? Accélérer les délais, renforcer la maîtrise des coûts et diversifier les sources d’innovation. Mais l’intégration d’un pôle interne pourrait aussi, à terme, redistribuer les cartes dans un secteur structuré autour de quelques géants de la formulation. Car Unilever ne lésine pas sur les moyens.
Conçu comme un pôle intégré, le futur site de Port Sunlight combinera laboratoire de recherche, centre de composition et espace d’évaluation sensorielle. L’objectif : maîtriser l’ensemble de la chaîne de développement des fragrances, depuis la création jusqu’à la validation en conditions d’usage.
Le dispositif sera entièrement numérisé. Il inclura des outils de robotisation du mélange d’huiles parfumées, de capture de données en temps réel, et des technologies de modélisation et d’analyse par intelligence artificielle. Ce volet technologique vise à accélérer la formulation tout en affinant l’ajustement aux préférences des consommateurs.
Intégrer le parfum dès la conception produit
Cette montée en puissance s’accompagnera d’un recrutement ciblé de talents, avec l’arrivée de parfumeurs chevronnés issus de grandes maisons internationales, selon Cosmetics Business. Unilever prévoit aussi d’intégrer des évaluateurs sensoriels, formés à l’analyse olfactive, et des technologues ingrédients, chargés de piloter les innovations sur le long terme.
L’approche se veut transversale : les nouvelles capacités seront mobilisées pour l’ensemble des divisions du groupe, de l’entretien ménager à la beauté en passant par l’hygiène. Le but est d’intégrer le parfum dès les premières phases du développement produit, pour des marques comme Dove, Persil, Rexona ou TRESemmé.
Au-delà de la seule parfumerie, cette initiative s’inscrit dans un plan d’investissement plus large de 300 millions de livres au Royaume-Uni (autour de 355 millions d’euros), déployé sur deux ans. Port Sunlight devient ainsi le point névralgique de ce dispositif, avec ses deux usines, ses deux centres de R&D, son Advanced Manufacturing Centre (AMC) et sa Materials Innovation Factory, développée avec l’Université de Liverpool.
LIRE AUSSI : Pourquoi Unilever ferme REN, pionnière de la clean beauty



