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« On ne choisit pas la coiffure comme métier alimentaire » (Laurent Tourette)

LAURENT TOURETTE

Le 22 octobre, la Haute Coiffure française (HCF) marquera le dernier show officiel de Laurent Tourette, point d’orgue d’une belle aventure de 30 ans. Le coiffeur vedette qui partage son temps entre la France et la Roumanie se confie en exclusivité à Profession bien-être.

LAURENT TOURETTEProfession bien-être:  Pourquoi quitter l’équipe de Création de la Haute Coiffure Française ?

Laurent Tourette : Peut-être, parce qu’il est temps ! Je suis convaincu qu’il faut laisser maintenant la place à des coiffeurs plus jeunes. La société a changé, nous avons besoin de sang neuf et d’une respiration plus en accord avec l’esprit du temps. Et pour motiver les jeunes à choisir la coiffure, il faut leur présenter des modèles auxquels ils peuvent s’identifier.

J’ai aujourd’hui 57 ans, c’est bien de pouvoir passer le relais à des créateurs de 25 ou 30 ans. J’ai passé 30 ans dans le cadre de la Haute Coiffure, et je n’en regrette pas une seconde. C’était une expérience enrichissante. Mais la coiffure recèle tellement de facettes que je ne risque pas de m’ennuyer.

Vous partagez votre temps entre les shows un peu partout et la Roumanie. Pourquoi le choix de ce pays de l’Est ?

J’aurais pu aller m’installer dans n’importe quelle capitale au monde, mais j’ai eu le coup de foudre pour Bucarest. J’ai passé les dix premières années de ma vie professionnelle à passer des concours. J’ai été successivement champion de France, d’Europe, puis du monde en coiffure, et j’ai eu l’occasion, en intégrant très jeune le comité de la Haute Coiffure de porter les couleurs de la France un peu partout dans le monde.

Il se trouve que la Roumanie a une appétence particulière pour la beauté. En tant qu’ambassadeur de L’Oréal, j’ai découvert le pays en 2004 et quand la marque m’a proposé d’ouvrir un salon à Bucarest, j’ai saisi l’opportunité. C’est un pays où le prestige de la France est encore synonyme de bien-vivre. Les femmes y sont plus sophistiquées qu’en France. Elles viennent chez le coiffeur, non seulement pour leurs cheveux, mais aussi pour leurs prestations beauté.

La Roumanie serait-elle déjà orientée « beauté globale »?

Oui, et cela ne date pas d’hier. Manucurie et pédicurie font partie intégrante des prestations proposées par le salon, quel que soit le niveau de ce dernier. C’était déjà le cas sous l’ère communiste. S’y ajoutent aujourd’hui les prestations du regard, extensions de cils et rehaussement de sourcils. Et cela ne touche pas que les femmes !

Les hommes roumains, eux aussi, se soucient de plus en plus de leur apparence, qu’il s’agisse de coiffure, de grooming ou d’épilation. Chez les femmes, souvent très belles comme peuvent l’être les femmes de l’Est, c’est une véritable obsession.

À l’inverse de la Française, qui privilégie les coupes naturelles qu’elle pourra entretenir toute seule en un tour de main, les Roumaines ne sortiraient jamais sans être parfaitement coiffées et maquillées. Et cela se retrouve dans leur goût de la mode et des accessoires. En bref, c’est un pays de femmes où beauté rime avec maquillage et coiffure.

Avez-vous réussi à imposer une certaine image du savoir-faire à la française ?

Oui. Mais la Roumanie était déjà très francophile. L’ouverture de mon salon a très vite attiré le milieu un peu branché de Bucarest. J’ai été rapidement très médiatisé. J’ai travaillé pour une émission relooking qui a remporté un gros succès. Au point de me faire reconnaitre dans les rues. Cela n’aurait pas été possible en France.

Mon salon à Bucarest est situé en étage, c’est un grand appartement. Ce n’est plus un salon de coiffure, c’est autre chose. Je propose un moment privilégié de beauté globale. C’est ce qui a séduit ce qui constitue ma clientèle aujourd’hui. Et cette clientèle est éclectique : je coiffe aussi bien les animateurs de télévision, la famille royale, que les hommes d’affaires.

Quel va être votre après la Haute Coiffure française ?

Je ne suis pas inquiet ! J’aime tous les aspects de mon métier. J’ai grandi dans cet environnement : ma mère avait trois salons de coiffure et j’adore l’ambiance d’un salon. Mais j’aime aussi voyager et partager mes connaissances avec des coiffeurs d’autres pays.

Et surtout, aujourd’hui, j’ai envie de transmettre. Je travaille sur un projet qui me tient à coeur, à savoir la création d’une véritable école de coiffure en Roumanie. Car il n’en existe pas : là-bas, les coiffeurs sont formés en trois mois, ils n’apprennent que les bases. Il y a tout à faire !

Quels sont les facteurs de succès pour un coiffeur ?

Cela tient en deux propositions. Tout d’abord, être à l’écoute de sa cliente. L’époque à laquelle le coiffeur imposait ses vues, c’est terminé.  Et dans cette écoute, savoir être professionnel, non pas dans la technique de coupe – ça, c’est la moindre des choses – mais dans la façon de proposer un changement. Et dans un deuxième temps, maîtriser parfaitement le digital, tant dans le choix d’un logiciel de gestion que dans l’animation sur les réseaux sociaux.

Mais le vrai succès de la réussite, c’est aimer ce que l’on fait. On ne choisit pas la coiffure comme un métier alimentaire, ce serait une erreur. Pour ma part, j’aime vraiment tous les aspects de la coiffure, le travail en salon, dans les shows , enseigner… Comment s’ennuyer avec un métier qui se renouvelle sans cesse ?

Propos recueillis par Siska von Saxenburg.

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