Depuis quelques années, le cheveu gris connait un recours en grâce. Outre la vogue du «Granny Look» destiné aux très jeunes femmes, une crinière grise n’est plus forcément un signe de vieillesse. Et c’est surtout une piste rentable pour votre salon ! Explications.
«Au cours du confinement, les femmes ont laissé pousser leurs racines. Et le cheveu blanc n’a plus si mauvaise réputation»… Dans une interview à Profession bien-être, Stéphane Amaru pointait déjà du doigt cette nouvelle tendance qu’il considérait comme une opportunité pour les salons de coiffure. Grisonner en douceur et de façon harmonieuse, la nouvelle tendance des clientes matures ? Une envie de «gris» qui va de pair avec la tendance qui remplace l’anti-âge par la notion de «bien vieillir».
Mais avant de proposer à vos clientes de sauter le pas, il faut les informer. Car tout le monde n’est pas égal face à ce processus. Car l’âge n’est pas seul en cause. En effet, des prédispositions génétiques et des facteurs environnementaux peuvent aussi accélérer l’apparition des cheveux blancs.
L’être humain possède des millions de follicules pileux. Au fil du temps, ils peuvent perdre leur capacité à produire de la couleur, et donc grisonner. Car les années qui passent ralentissent la capacité du corps à produire de la mélanine. Et c’est la mélanine qui donne de la couleur à nos cheveux : l’eumélanine, pour les cheveux sombres, et phéomélanine, pour les crinières blondes et rousses.
Au fur et à mesure que nous avançons en âge, le bulbe pileux produit du peroxyde d’hydrogène, qui endommage les mélanocytes, les cellules productrices de pigments de nos cheveux. Et ce phénomène peut se produire à des périodes différentes selon la nature des cheveux. Si l’on évalue le début du phénomène à partir de 30 ans, tout dépend de l’origine ethnique. Ainsi, les populations blanches caucasiennes peuvent grisonner dès 20 ans, les Asiatiques, 25 ans et les Noirs, 30 ans.
Le stress, un facteur aggravant ?
Les scientifiques ne s’entendent pas sur le sujet. Aucune étude n’a pu encore démontrer le rapport direct entre le stress et le blanchissement précoce des cheveux. Mais la plupart des spécialistes le rangent dans les catégories des facteurs extérieurs aggravants. D’autant que le stress peut déclencher une accélération de la chute de cheveux trois fois supérieure à la normale, une alopécie éphémère baptisée «effluvium télogène». Pour peu que la personne approche de la quarantaine, les cheveux qui vont repousser peuvent grisonner.
Soyons réalistes : il n’y a pas de remède miracle pour inverser le blanchissement des cheveux. Et même si les carences nutritionnelles accélèrent le processus, le recours à une alimentation riche en vitamine B12, acide folique, cuivre, fer et calcium ne fera pas repousser les cheveux plus pigmentés.
Le grisonnement diffère aussi selon la couleur initiale. Assez logiquement, les cheveux blancs se voient plus sur une chevelure sombre, alors que les blondes peuvent passer des années en laissant le gris se mêler harmonieusement à leur couleur naturelle. De même, le changement de pigment se voit moins sur une chevelure bouclée.
Une texture plus raide ?
Mais le grisonnement affecte aussi la texture même du cheveu. Les cheveux naturellement bouclés se resserrent davantage alors que les cheveux raides s’assèchent. L’explication est simple : lorsque les cellules produisant de la mélanine s’essoufflent, les follicules pileux produisent aussi moins de sébum, ce qui rend les cheveux à la fois plus secs, plus fragiles et plus difficiles à coiffer.
Comment faire passer au gris ?
Une fois l’élément psychologique résolu, il faut avertir votre cliente que le passage au gris ne se fera pas d’un claquement de doigts. Si votre cliente a fait teindre ses cheveux pendant des années, il va falloir du temps pour éliminer la couleur accumulée dans les fibres. C’est là où la consultation prend tout son sens. C’est en accord avec votre cliente que vous allez décider de la marche à suivre. Le jeu en vaut la chandelle, puisqu’une cliente qui passe au gris va avoir besoin de séances régulières dans votre salon pour garder des cheveux gris et sains.
Vous avez alors deux options : recouvrir complètement les mèches grises ou laisser la nature suivre son cours. Vous pouvez recourir à la coloration semi-permanente, les mèches ou une combinaison des deux. La coloration semi-permanente va estomper les cheveux gris, mais pas complètement. Cela peut être un moyen de transition intéressant.
Pour rendre l’effet plus naturel, vous pouvez ajouter des reflets pour se fondre dans les gris. C’est la solution idéale pour les cheveux poivre et sel, car la repousse sera de moins en moins visible. Mais la coloration semi-permanente a plus d’un tour dans son sac. Elle peut couvrir partiellement les cheveux gris tout en les nourrissant. Mais si votre cliente présente plus de 25% de cheveux gris, il vaut mieux opter pour une coloration permanente. Elle fournira une couleur riche et durable.
Quoi qu’il en soit, en matière de cheveux gris ou d’intégration de cheveu blanc, tout est une question de choix. Car la coloration argent séduit aujourd’hui même de très jeunes femmes. Et l’intégration du cheveu blanc – ou la coloration en silver gray – reste l’un des moyens les plus sûrs de fidéliser votre cliente. Car le processus nécessite de l’attention et des soins suivis !
Tous nos remerciements à Eric Léturgie, fondateur du groupe éponyme, et à Erik Dumon, directeur d’Educattitude, pour leurs précieux renseignements techniques.




